Pourquoi utiliser les messageries plutôt que les réseaux sociaux

Ca y est ! Vous êtes fier de vous ! Vous avez enfin réussi à être suivi par quelques centaines d’abonnés sur les réseaux sociaux. Ça vous a pris du temps mais vous y êtes arrivé. Votre contenu est bon. Votre thème passionnant, vous avez appris à développer vos idées. Oui mais voilà …

Pourquoi utiliser les messageries plutôt que les réseaux sociaux
Photo JC Dichant

Dans réseau social il n’y a plus « social » ?

Vous pensez que toutes ces publications devraient vous permettre d’avoir de vrais échanges avec ceux qui vous suivent. De les intéresser à vos offres. Après tout, dans réseau social il y a « social ». Je vous en parlais ici.

La réalité est bien différente. Vous constatez, non sans une certaine amertume, que ce n’est pas le cas. Vous recevez des Likes, des cœurs et des GIF, des bots viennent même vomir chez vous leurs commentaires préformatés mais c’est tout. Aucune vraie conversation ne s’instaure. On vous aurait menti ? Les réseaux sociaux ne seraient pas « sociaux » ?

Pas exactement.

Nous avons fait fausse route. Nous avons pensé que parce qu’un espace d’échange public en ligne existe, nous allions avoir des échanges publics. Nous avons eu cette naïveté de penser que les règles de communication allaient changer parce que les plateformes nous permettaient de poster des messages publics.

Dans réseau social, il y a toujours « social ». Mais cette sociabilisation ne change rien aux principes élémentaires de communication. Réfléchissez : lorsque vous participez à une soirée thématique, que vous vous retrouvez en compagnie de dizaines de personnes, êtes-vous ce tribun qui prend la parole en public ? N’allez-vous pas plutôt discuter avec quelques personnes que vous appréciez, en privé ? Pourquoi cela serait différent sur les réseaux ?

Utiliser les messageries ne remplace pas les réseaux sociaux

La messagerie est au réseau social ce que la discussion privée est à votre soirée.

Nous avons tous connu ces échanges publics sur les réseaux, dans les commentaires de blogs, où chacun y va de sa théorie sur le sujet. Plus grand monde ne pense mais tout le monde a un avis.

Ces échanges insipides ne vous attirent plus. Ils finissent toujours par quelques railleries, au mieux, ou insultes, fréquentes. Allez faire comprendre à quelqu’un qui commente un sujet que son avis peut être remis en question. Si vous y arrivez, dites-moi comment vous faites.

Alors on fait quoi ?

Ce que l’Homme fait depuis qu’il a capacité à communiquer. Nous recherchons les échanges privés. Dès lors que notre parole n’est plus publique, nous savons entendre l’avis de l’autre, changer de position, alors qu’en public nous ne nous remettons pas en cause, nous sommes trop fiers pour cela.

Comment cela se traduit sur les réseaux ? Par le fait d’utiliser les messageries privées.

Remercions les algorithmes

Les plateformes sociales ont vite compris que face à la déferlante de messages postés chaque minute, il nous était impossible de tout suivre. Lorsque je consultais encore mon mur Facebook, j’étais soumis à plusieurs centaines de messages par jour. Sur LinkedIn pareil. Sur Twitter, plusieurs milliers.

Cette infobésité ne pouvant plus durer, les plateformes ont mis en œuvre des algorithmes. Ils ne nous montrent QUE ce qui NOUS intéresse. Les algorithmes nous dictent au passage nos réactions qui, bien que n’étant pas les nôtres, nous permettent « d’avoir un avis sur tout ».

Les algorithmes ont toutefois eu un effet bénéfique. Ils ont favorisé les échanges inter-personnels. Plus nous voyons passer les publications d’une même personne, plus nous nous intéressons à elle. Plus nous avons envie d’échanger avec elle. De nous confier. Mais comme nous n’aimons pas nous confier en public, nous le faisons en privé.

Du public au privé

Les messageries privées se sont tellement bien développées sur les réseaux qu’elles ont vite occupé la première place (à égalité avec les Stories). Je ne poste quasiment plus rien sur Instagram, pourtant je n’ai jamais eu autant de conversations privées. Des dizaines de messages chaque jour.

Les réseaux sont petit à petit devenus des outils de messagerie. Nous postons en public pour montrer que nous existons, pour préciser nos centres d’intérêt. Et intéresser ceux qui peuvent l’être avant d’échanger en privé avec eux.

Qui s’intéresse encore aux publications des marques alors qu’il est tellement plus intéressant d’échanger en privé avec un représentant de ladite marque ? Les Community Manager ne vont guère tarder à devenir Relationship Manager.

Utiliser les messageries, la nouvelle norme

Si nous utilisons les réseaux pour leur messagerie plus que pour leurs outils de publication, pourquoi ne pas les considérer comme de simples messageries ? Pourquoi ne pas les renommer « messageries sociales » plutôt que « réseaux sociaux » ?

Poussons le raisonnement un cran plus loin : pourquoi ne pas utiliser les messageries privées plutôt que la messagerie d’un réseau ?

Rappelez-vous le temps où nous ne pouvions échanger que des textos de 140 caractères sans même savoir si le message était bien arrivé. Les messageries privées actuelles comme Signal, Telegram, Whatsapp, Messenger, permettent d’échanger du texte, des photos, des vidéos, des messages audio. En privé comme en groupes. Elles permettent même les échanges instantanés, les Live, les visios, les appels vocaux.

Canal Telegram JCDichant
Mon canal Telegram

Un canal Telegram (voir le mien), un salon Messenger, un groupe Whatsapp sont autant d’outils de communication qui nous permettent d’échanger sans être pollués par ceux qui ne sont pas conviés à l’échange.

Et donc les réseaux sociaux, on fait quoi ?

Les réseaux ont un avantage que n’ont pas les messageries. Ils nous permettent d’identifier des personnes que nous ne connaissions pas. Ils sont « la grande salle » dans laquelle nous allions réseauter.

Nous échangions alors des cartes de visites, bien vite jetées dès que nous avions enregistré le contact. Ces cartes désormais obsolètes sont remplacées par un @ ou un QR Code.

Le réseau sert la messagerie. L’échange privé devient la norme. Reste à ne pas négliger la dérive possible, les clans ne sont pas l’avenir de l’Homme.

 

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