Il y a quelques jours, alors que je consultais mon compte Mastodon, j’ai aperçu plusieurs messages disant à peu près tous la même chose : « la bonne façon de publier sur le web n’est pas de le faire sur les réseaux sociaux ». Il faut avoir son espace personnel, y publier ce que l’on souhaite partager, puis faire connaître ces contenus partout où c’est possible. Et de citer la méthode POSSE comme quelque chose d’innovant.

Je suis surpris qu’en 2025, on présente encore la méthode POSSE (Post on your Own Site and Syndicate Everywhere) comme innovante. Cette méthode de diffusion des contenus n’a pourtant rien de nouveau : elle existe depuis qu’il est possible de publier sur son espace personnel, site ou blog … et même bien avant, du temps du papier.
Quand la presse montrait la voie
Rappelez-vous l’époque où la diffusion de l’information passait uniquement par la presse écrite. Les crieurs s’en chargeaient dans la rue. Les kiosques ont ensuite pris le relais, présentant les différents titres. L’affichage public s’est développé en parallèle.
Lorsque la radio est arrivée, les journaux en parlaient.
Lorsque la télé est arrivée, ce sont la radio et les journaux qui en parlaient.
Avant que n’apparaissent les magazines télé, présentant les chaînes et les programmes.
Des blogs aux réseaux sociaux : même logique
Lorsque les blogs sont arrivés, nous avons inventé la blogroll, cette liste qui permet à un blogueur d’afficher une liste de liens vers d’autres sites ou blogs qu’il désire faire connaître.
Lorsque les réseaux sociaux sont arrivés, chacun a pu mettre en avant d’autres comptes, d’autres publications.
La méthode POSSE, une vieille idée remise au goût du jour
Toutes ces mises en avant sont au cœur de la méthode POSSE. Alors parler de cette méthode comme d’une nouveauté m’a fait sourire. Il n’y a rien de neuf en matière de promotion de contenus web.
Et c’est tant mieux. Cette façon de promouvoir ses contenus est la plus rationnelle, la plus simple et la plus adaptée aux différents besoins.
Ma méthode pour publier efficacement
Voici comment je mets en œuvre cette méthode pour promouvoir les contenus de ce blog :
- je publie l’article sur le blog, dans son intégralité, avec une URL unique,
- je partage un extrait via mon flux RSS de syndication avec un lien vers l’article complet,
- je partage le lien ainsi qu’une illustration sur les réseaux (Mastodon, Bluesky et Facebook)
- je cite l’article et partage le lien dans ma newsletter.
Je publie donc une fois, pour partager partout où cela me semble pertinent.
Pourquoi les réseaux veulent vous garder captif
Pour revenir aux messages qui m’ont incité à écrire ce billet, j’ai bien conscience que leurs auteurs ne sont pas dupes.
Mais avec l’omniprésence des réseaux sociaux, trop nombreux sont ceux qui pensent que tout contenu doit être posté uniquement sur ces plate-formes.
C’est bien sûr faux, mais il faut admettre que les réseaux ne font rien pour vous inciter à poster ailleurs : ils veulent posséder vos contenus, retenir les visiteurs le plus longtemps possible, et vous empêcher d’aller voir ailleurs.
Le coût de l’indépendance (et pourquoi il vaut la peine)
L’autre argument souvent avancé par les créateurs sur Instagram, Tik Tok et autres réseaux, c’est qu’il est facile et rapide de poster sur un réseau : il suffit d’un compte, gratuit le plus souvent.
Pour créer et publier un contenu sur son espace personnel – blog ou site -, demande plus de temps, et parfois même un peu d’argent.
C’est le prix à payer pour rester maître de ses contenus. Pour ne pas dépendre du bon vouloir des plateformes et autres sites de partage sur lesquels nous ne sommes que locataires.
Mon blog m’appartient, j’en suis le propriétaire. Je peux récupérer toutes mes données à tout moment, transférer ce blog sur un autre serveur, chez un autre prestataire, voire l’auto-héberger si j’en ai envie.
Avec POSSE, je suis propriétaire, pas locataire de mes contenus
En fin de compte, je reste fidèle à ce principe simple : ce que je crée m’appartient. Je préfère en garder la maîtrise, quitte à faire plus d’efforts. Ce choix n’est peut-être pas à la mode, mais il me ressemble. Et si vous tenez un tant soit peu à vos contenus, il pourrait bien vous ressembler aussi.