Depuis que l’IA générative a fait son apparition, ChatGPT en particulier, deux camps s’opposent dans le monde de l’écriture de non fiction et de la création de contenu.
Les uns misent tout sur l’IA et lui font vomir des millions de caractères à la seconde pour alimenter les sites d’infos, les réseaux sociaux, les blogs.
Les autres, fervents partisans de l’authenticité, rejettent en masse toute production artificiellement intelligente puisqu’elle ne saurait être, par définition, authentique.
Et s’il existait un juste milieu ? S’il était possible de combiner authenticité et production humaine assistée par l’IA générative ?

Lorsque nous sommes passés du papier crayon à la machine à écrire, nous ne sommes que rarement revenus en arrière pour écrire tandis que le papier et le crayon servaient toujours à prendre des notes en vue de cette production.
Lorsque l’ordinateur et le traitement de texte ont pris le relais, il s’est passé la même chose.
Et lorsque Internet et les moteurs de recherche ont envahi nos vies, qui ne les a pas utilisés pour ses recherches avant d’écrire ?
Ainsi, pourquoi l’IA ne serait-elle pas un nouvel outil à disposition de quiconque doit écrire un texte authentique ?
Ces derniers mois, mes expériences d’écriture assistée par l’IA ont révolutionné ma façon de travailler. J’ai mis au point, de mois en mois, une pratique qui, loin de me déposséder de ma créativité, m’aide à repousser mes limites. Recherches, correction, profondeur, cette redécouverte de l’écriture est pour moi une bouffée d’air frais.
Je ne manque pas d’idées lorsqu’il s’agit d’écrire. Je les note dans Drafts. J’ébauche mes articles à partir de ces idées, dans Obsidian. Désormais j’interroge ensuite l’IA pour imaginer des angles, des points complémentaires, pour enrichir mes textes. L’IA ne me remplace pas, elle m’assiste. Comme les assistants des auteurs à succès le font aussi. Ce processus est devenu passionnant.
Avant cela, je stagnais, je tournais en rond après avoir ébauché un article, le trouvant souvent trop fade, trop peu pertinent, pas assez engageant. Après avoir écrit plus de 4 000 articles, une certaine lassitude s’était installée. C’est la réalité de ce monde où chaque mot, chaque phrase, semble trop souvent répéter ce que j’ai déjà dit ou lu ailleurs.
Mais avec l’IA générative, j’ai trouvé une nouvelle source d’inspiration. Cette technologie m’aide à travailler mon style et à structurer mes pensées de manière plus efficace. Je sens que je suis en bonne voie pour continuer à écrire seul, sans cette impression de ras le bol qui m’a si souvent freiné.
Le plus satisfaisant dans tout cela, c’est la possibilité qui m’est offerte d’envisager mes contenus sous un autre angle. Mes Lettres photo quotidiennes, que j’écris comme des emails puisqu’il s’agit de ça, ne peuvent être ainsi publiées sur mon site. La structure d’un email diffère de celle d’un billet de blog. Mais en retravaillant ces textes, en utilisant l’IA pour imaginer des angles et une approche différente, je me prends au jeu. Cette façon d’écrire me plaît et, surtout, elle me permet de produire des articles sur la photographie qui s’avèrent plus personnels et uniques.
Il ne s’agit pas de remplacer tous mes articles par ce type de chroniques. Articles didactiques comme actualités conservent leur formalisme. Mais maintenant, grâce à cette nouvelle façon d’écrire, je peux aussi partager mes idées, mes notes, mes expériences de manière plus vivante, personnelle et engageante.
Je vois de même une corrélation étonnante entre l’écriture assistée par l’IA et la photographie. Tout comme un bon photographe doit savoir utiliser la technologie pour améliorer sa pratique sans se laisser dominer par elle, un bon auteur peut utiliser l’IA pour enrichir son processus créatif sans perdre sa personnalité. Dans les deux cas, il s’agit d’un équilibre délicat entre technique et créativité, entre contrôle et lâcher-prise.
L’écriture, tout comme la photographie, nécessite de la discipline. Il ne suffit pas d’avoir des idées ; il faut aussi savoir identifier les bonnes, les organiser, les structurer, les finaliser. C’est là que l’IA peut intervenir, capable de m’aider à surmonter les obstacles, à voir mes idées sous un nouvel angle, et à les transformer en un ensemble cohérent.
Je me souviens encore de mes débuts en photographie, lorsque chaque réglage de l’appareil m’interrogeait. Pourquoi ? Comment ? Quand ?Avec le temps et la pratique, ces réglages sont devenus instinctifs, me permettant de me concentrer sur l’essentiel : le regard, l’intention, l’émotion, le message, la lumière, la composition.
De la même manière, je sens que mon processus d’écriture est en train de gagner en facilité, en fluidité, pour devenir une seconde nature. Chaque article, comme chaque photo, est une nouvelle aventure, un nouveau défi.
La photographie numérique nous a ouvert de nouvelles possibilités, tout en respectant les principes fondamentaux de la photographie. De la même manière, l’écriture assistée par l’IA générative m’offre de nouvelles perspectives, tout en respectant ma voix et mon style.
Je suis impatient de voir où tout cela va me mener. Idées et projets se multiplient, je découvre des horizons que je pensais réservés aux autres, je sens que je peux être capable de franchir une nouvelle étape dans mon parcours créatif. Cette envie retrouvée me pousse à explorer de nouveaux horizons, à partager mes découvertes, à inspirer les autres. C’est peut-être le déclic qu’il me fallait pour aborder cette nouvelle décennie qui s’annonce pour moi.
2 réflexions au sujet de “IA générative et écriture, vers de nouveaux horizons ?”