Au début, c’était de la curiosité. Puis c’est devenu un outil comme les autres. Aujourd’hui, fin 2026, ChatGPT et l’IA générative sont devenus mon assistant personnel, mais les jeux sont loin d’être faits.

Lorsque j’ai commencé à créer des contenus sur mes sites, ce siècle avait 5 ans et aucune intelligence artificielle ne me venait en aide. Je devais rédiger, relire, tout peaufiner pour que mes articles de blog ressemblent à quelque chose. Avec le temps, j’ai appris à tout faire plus vite, et à utiliser des routines qui me permettaient d’écrire jusqu’à quatre articles par jour les meilleures années.
Créer des contenus prend du temps, routines ou pas.
Alors, lorsque l’IA générative est arrivée, et ChatGPT en particulier, la tentation était forte de voir comment ces outils pourraient m’aider à gagner du temps. Je voulais déjà vérifier s’il m’était possible d’optimiser le temps passé à préparer un article, à chercher des sources, des références, à mettre en forme. Les idées et la rédaction, ça devait rester mon travail.
J’ai donc utilisé ChatGPT comme outil d’aide à la création de contenu. Il me suffisait de lui demander ce que je cherchais pour qu’il trouve des sources, des références, des citations, des compléments. Ces tâches assistées m’ont permis de gagner du temps en recherche, même si j’apprécie de le faire moi-même pour tomber par hasard sur un sujet intéressant, sans rapport avec ce que je cherche, mais “qui peut toujours servir”.
Quelques mois plus tard, alors que je venais de rendre sa liberté à mon assistant « humain », je me suis naturellement tourné vers ChatGPT pour voir s’il n’y aurait pas moyen d’aller plus loin : gagner du temps en lui confiant la mise en forme de mes textes et la pré-publication. J’ai souvent des longues listes à trier, des textes à harmoniser, des articles à mettre à jour, des relectures et corrections qui prennent du temps. Si ChatGPT pouvait faire cela à ma place, je pourrais gagner plusieurs heures par semaine.
J’ai créé une série de prompts ChatGPT (que je sauvegarde avec soin) pour aller dans ce sens : transformer l’IA générative en assistant personnel. Je dois avouer que les premiers résultats m’ont bluffé. Je me souviens encore de cette liste de plus de 100 articles qu’il me fallait trier, dédoublonner, classer en catégories. Sans faire d’erreurs. Un travail qui aurait pris deux jours à mon assistant précédent et qui a pris une heure à ChatGPT.
J’ai ainsi commencé à utiliser cet outil au quotidien pour me décharger de toutes les tâches pour lesquelles je n’ai pas de valeur ajoutée. Je préfère passer une heure à écrire ce que j’ai en tête, à créer mes lettres photo, qu’à trier des listes et chercher des compléments d’articles.
Restait la rédaction, car l’IA générative est très capable de rédiger à ma place, la tentation aurait pu être grande. Mais voilà, ce que j’écris, c’est ce que je pense, fais et enseigne. Alors laisser une IA l’écrire à ma place, très peu pour moi. Les idées émises par ChatGPT ne sont pas souvent les bonnes, son style n’est pas le mien, même si avec un bon entraînement cette IA arrive à quelque chose de très proche. Mais pour moi, c’est une question d’intégrité : je ne signe pas les articles de mes rédacteurs occasionnels, ce n’est pas pour signer ceux de ChatGPT.
J’y vois surtout un autre danger.
Laisser une IA écrire à ma place, c’est perdre mes capacités de réflexion, de formalisation de mes idées, de rédaction. Me contenter de saisir un prompt et d’attendre la réponse pour finir par un énorme copier-coller, c’est certes moins fatiguant, mais c’est abrutissant.
À quoi bon publier sur mon site si ce ne sont pas mes contenus ?
Quel que soit le thème abordé, la photographie, le web ou même la moto, j’aime me poser des questions, chercher à comprendre, mettre en perspective mes idées. Je préfère publier un texte imparfait mais sincère, dans lequel je partage une expérience imparfaite parfois, mais bien réelle. Or ChatGPT ne peut pas vivre mes expériences à ma place.
J’ai donc intégré ce raisonnement dans mes routines, et n’utilise l’IA désormais que lorsqu’il s’agit d’exécuter des tâches répétitives et longues, de faire des recherches étendues. Je me suis donné comme consigne de ne laisser faire à l’IA que ce que je pourrais faire, mais jamais ce que je ne sais pas faire ; elle doit rester remplaçable. Chaque fois que je lui confie quelque chose, je dois savoir le faire : c’est de la délégation et non de la sous-traitance.
Mais il y a encore autre chose.
Cet article, par exemple. J’en ai eu l’idée il y a plusieurs semaines. J’ai posé des mots-clés pour traduire mes pensées. J’ai revu le tout premier brouillon, j’ai pris le temps nécessaire à mettre en forme mes idées. Puis j’ai commencé à rédiger, au kilomètre, avec toutes les fautes et coquilles que cela suppose. En me relisant pour corriger, j’ai fait des ajustements, j’ai reformulé, supprimé, ajouté, réécrit. Je prends plaisir à faire cela, j’ai toujours aimé livrer des documents aboutis à mes clients industriels, je fais pareil avec ma création de contenu.
Le nécessaire besoin de prendre du recul
Si je confie la recherche, la rédaction et la mise en forme de l’article à l’IA, je n’ai plus la possibilité de prendre du recul. Je saisis un prompt, je valide, le texte arrive, la mise en forme se fait (ChatGPT en mode Canvas fait très bien le travail) et quelques minutes plus tard, je publie. Ce n’est ni mon mode de pensée ni ma façon de raisonner.
J’ai besoin de temps, j’aime le temps long plus que le court (ce qui explique pourquoi je m’éloigne des réseaux sociaux). Je préfère laisser le “pousse-bouton” aux autres, publier moins mais comme j’en ai envie. S’il me prend l’envie d’écrire un brouillon à 1 h du matin, je le fais, pour ne pas perdre les idées. Dans cet état d’esprit, je n’ai pas envie d’affronter une machine, de lui donner des ordres, de réaliser qu’elle ne livre pas ce que j’attends, de recommencer… Non, je vide mon cerveau sur le clavier et je finalise plus tard.
Alors, en 2026, je fais quoi avec l’IA générative et ChatGPT ?
J’ai toujours besoin d’un assistant, mais j’ai abandonné l’idée d’en trouver un en chair et en os, je ne dois pas être fait pour ça. Alors l’IA va continuer à jouer ce rôle. Je n’ai aucune idée d’où j’en serai dans 12 mois, d’autant plus que l’IA générative progresse rapidement, même si la courbe a tendance à s’infléchir ces derniers mois. Les coûts vont augmenter aussi, bien que les 20 dollars que je laisse à ChatGPT chaque mois ne pèsent rien lorsqu’il s’agit de gérer une activité de création de contenu professionnelle.
ChatGPT et moi, nous avons beaucoup discuté ces derniers mois.
Cette IA en sait beaucoup sur moi, trop d’ailleurs. Je lui demande de plus en plus souvent d’effacer des informations de sa mémoire (ce qu’elle fait ou pas, je n’en ai aucune preuve). Mais elle répond toujours présent lorsque j’ai une interrogation, elle sait me livrer des pistes de réflexion, c’est appréciable.
Photographe, je n’utilise la génération d’images que de façon très ponctuelle, je préfère de loin utiliser Canva et mes photos pour créer mes visuels, sans IA dedans.
Je ne poste plus de messages sociaux autres que des liens vers mes articles, générés automatiquement par mes sites, je n’ai donc pas besoin d’une IA pour ça.
La seule activité de génération pour laquelle j’utilise ChatGPT est la réponse aux très nombreux messages que je reçois. Plusieurs prompts ajustés avec soin me permettent d’avoir des éléments de réponse qu’il me reste à mettre en forme à ma façon après avoir vérifié la source et la pertinence.
Reste une dernière question
Je vous la pose aussi : est-ce que gagner du temps grâce à l’IA justifie la consommation énergétique associée et la monopolisation de ressources de plus en plus rares ?
Ma réponse est non. Ce qui signifie que rien n’est joué de mon côté, et que l’IA pourrait disparaître de mon quotidien aussi vite qu’elle y est arrivée. Je n’ai pas la réponse aujourd’hui, mais c’est une de mes préoccupations.
Et vous ?