En quête de sobriété numérique

Face à l’avalanche d’applications, de logiciels et de services en ligne toujours plus nombreux, je suis convaincu que je dois m’imposer une certaine forme de sobriété numérique pour ne pas me trouver submergé. J’ai donc décidé de ne garder que l’essentiel, ce qui me rend un véritable service au quotidien.

En quête de sobriété numérique, photo de nature, herbe et pissenlits
photo (C) JC Dichant

Tout commence par une purge drastique

J’ai commencé par faire un grand ménage dans mon environnement numérique. J’ai supprimé sans état d’âme tout logiciel sur mes ordinateurs et toute application sur tablette et smartphone, que je n’utilisais que ponctuellement. En les éliminant, j’ai libéré de l’espace, ce qui m’évite de devoir remplacer mon iPhone ou mon iPad pour un modèle à plus grande capacité mémoire, alors que les deux fonctionnent toujours très bien. Mais j’ai aussi gagné en efficacité. Lorsque j’ouvre mon ordinateur ou mes appareils mobiles, je sais exactement quel logiciel ou quelle application utiliser pour faire ce que j’ai à faire dans les meilleurs délais.

Puis une règle stricte

Ensuite, j’ai adopté une règle stricte : je n’installe plus aucune application si je n’en ai pas besoin. Je ne m’interdis pas une période de test, mais jamais au-delà de quelques jours. Je ne souscris plus à aucun abonnement s’il ne m’apporte pas un bénéfice immédiat et quotidien.

Cette approche m’a permis de commencer à réduire mes dépenses tout en augmentant la valeur de ce que je conserve et utilise.

Sobriété numérique et règle des 80/20

En parallèle, j’ai décidé de ne pas installer un nouveau logiciel ou une nouvelle application si je peux couvrir 80% de mes besoins avec ce que j’ai déjà. Dans ce cas, j’apprends à me passer des 20% restants, qui s’avèrent la plupart du temps un besoin trop ponctuel.

Cette approche m’a aussi permis d’étendre l’usage de mes outils existants, d’apprendre à mieux les connaître et les maîtriser pour les utiliser pleinement.

De quoi ai-je vraiment besoin ?

La réponse à cette question me permet de me concentrer sur l’essentiel, sur ce qui apporte une réelle valeur ajoutée à mon travail et à ma vie personnelle. C’est une façon de gagner en productivité et en sérénité.

La réduction des coûts n’est pas ma priorité première. J’ai par exemple investi dans de nouveaux services (par exemple la synchronisation Obsidian) car cela me permet de gagner en facilité.

Je suis par contre plus attentif à la réduction de mes besoins en stockage. La photographie, la vidéo, la création de contenu sont des activités coûteuses en espace de stockage, et énergivores (NAS, cloud, backups, voir mon interview dans le quotidien suisse La Liberté). En pensant sobriété numérique, j’arrive à limiter la quantité de données que je conserve, limitant d’autant mes besoins en matériel de stockage.

De la sobriété numérique à l’écologie numérique

Bien que j’en sois très loin encore, penser à l’écologie numérique est devenu une évidence. J’ai commencé à pratiquer le minimalisme numérique en réduisant ma consommation d’informations. Désormais, en réduisant le nombre de mes appareils, en limitant ma consommation de données (ce qui peut se dire au format texte ne justifie pas une vidéo) et en optant pour des solutions plus durables, j’espère contribuer à cette écologie.

La sobriété numérique n’est pas, pour moi, qu’une question de bien-être personnel, c’est aussi l’envie de mesurer les conséquences de mes actes. J’ai beaucoup à faire encore, mais en avoir conscience m’a semblé être le premier pas.

7 réflexions au sujet de “En quête de sobriété numérique”

  1. Cette demarche est tout a fait d’actualité et arrive logiquement apres la formation archivage; quant à moi, j’ai procedé à un « grand menage » juste avant d’ameliorer ma routine d’archivage suite aux bons rappels de la formation de Jean Christophe. Resultat: archivage et sauvegarde moins laborieux à gerer et recuparation de 380GO SUR CHACUN DE MES DISQUES.

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  2. bonjour
    N »ayant pas grandi avec l informatique, votre article sur la sobriete et l »ecologie numerique m’interroge.Il serait peut être bien,afin d’eclairer quelques uns de ma generations,année 50, et non initiés, sur le prix collectif ou autres et la pollution (serveurs memoire stockage…)que regénère des applications comme gmail (boite que je ne vide jamais au point de l’avoir saturée par ignorance,vouloir conserver des envois,flemme..) et autres que j’ignore. Pour moi tout celà semble virtuel donc dénué de valeurs physiques ce qui ,d »après votre article,n’a pas l’air d’être tout à fait le cas.
    Merci pour votre réponse

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    • Il est essentiel de comprendre que les données numériques, bien que virtuelles, ont des répercussions physiques tangibles. Chaque email que vous envoyez ou recevez, chaque message que vos postez sur un réseau social, chaque fichier que vous stockez en ligne recevez ou stockez sont hébergés sur des serveurs.
      Ces serveurs sont de grands ordinateurs situés dans des centres de données de par le monde, qui consomment une quantité considérable d’énergie pour fonctionner et pour être refroidis.

      Les centres de données, où sont stockées vos contenus, nécessitent une infrastructure importante. Ils sont responsables d’une part significative de la consommation électrique mondiale. De plus, le transfert de vos données et contenus depuis et vers ces serveurs génère du trafic sur les réseaux de télécommunications, qui consomment eux-aussi des ressources et de l’énergie.

      Lorsqu’une boîte mail est saturée, par exemple, cela peut entraîner une augmentation de la demande en stockage, incitant les entreprises comme Google à agrandir leurs centres de données, augmentant ainsi leur impact environnemental. Par conséquent, vider régulièrement sa boîte mail et supprimer les vieux emails non nécessaires peut aider à réduire cette demande en stockage et donc l’impact écologique.

      Il ne faut pas tout voir en noir, le numérique a remplacé bon nombre de services physiques bien plus consommateurs de ressources aussi. Pour dire tout cela plus simplement, vous pouvez envisager la gestion de vos emails et de vos fichiers numériques avec la même attention que celle portée au tri des déchets. Le numérique a certes un côté immatériel, mais ses effets sont bien réels et peuvent être atténués par des pratiques plus responsables.

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