Les membres de mon canal Telegram le savent : je mets en œuvre depuis quelques mois une forme personnelle de sobriété numérique qui me pousse à me défaire des applications et plateformes proposées par les multinationales pour reprendre le contrôle et revenir à des services aussi libres que possible, européens ou français.

Prenons l’exemple de la messagerie électronique.
Pour gérer mes e-mails, j’utilisais Gmail dans Google Chrome. Depuis plusieurs semaines, je suis passé à Thunderbird sur Windows et à Apple Mail sur macOS et iOS (Chrome, quant à lui, a laissé sa place à Brave).
La transition est plus douloureuse que je ne l’aurais pensé.
Faire fonctionner de concert un logiciel open source comme Thunderbird sur mon ordinateur Windows et Apple Mail sur MacBook, iPhone et iPad relève du casse-tête. Il faudrait presque avoir fait des études d’informatique.
Dans Thunderbird, dont l’interface et l’ergonomie datent du siècle dernier, seule la boîte de réception est synchronisée par défaut. Tous les autres dossiers ne le sont pas. C’est absurde, puisque nous utilisons tous des dossiers pour ranger nos e-mails et souhaitons logiquement les tenir à jour.
J’ai fini par trouver comment y parvenir et, accrochez-vous, il faut modifier le fichier de configuration de Thunderbird (voir plus bas le détail des opérations).
Comment un utilisateur non informaticien peut-il à la fois comprendre ce qui se passe, trouver la solution, mettre en œuvre le changement et s’assurer que tout fonctionne comme prévu ?
En bricolant ainsi, je retrouve le plaisir de mettre les mains dans le cambouis pour faire fonctionner mon informatique comme je l’entends. Mais je reconnais que la facilité offerte par les différentes plateformes et services intégrés, comme ceux de Google, nous a tellement simplifié la vie que nous avons perdu l’habitude de comprendre comment tout fonctionne.
Ce qui devait arriver est arrivé : nous sommes devenus esclaves de ces services. Nous avons adopté leur mode de fonctionnement, leurs contraintes, et nous avons perdu toute compétence technique. Si nous ne l’avions pas, nous n’avons pas jugé nécessaire de l’acquérir puisque « les autres » s’occupent de tout pour nous.
En cherchant à m’éloigner de ces services, je fais ce constat et vous invite à le faire aussi :
- Savez-vous précisément comment fonctionne votre messagerie électronique ?
- Êtes-vous capable d’en modifier tous les paramètres pour que l’ensemble fonctionne comme vous le souhaitez et non comme l’éditeur l’a décidé ?
- Êtes-vous face à une boîte noire dont vous ne comprenez rien ou bien êtes-vous capable de l’adapter à vos besoins ?
Cette réflexion est bien sûr valable pour tous les autres services que vous utilisez et pas uniquement pour la messagerie électronique.
L’évolution d’Internet, des plateformes, des services Web et les contraintes désormais associées sont une occasion de reprendre le contrôle.
Alors oui, je me casse la tête tous les jours pour faire fonctionner mes logiciels et services comme j’en ai envie. Je dois trouver de nouvelles solutions, modifier mes routines parfois. Mais je me sens beaucoup plus libre qu’avant, alors que je me laissé séduire par l’apparente simplicité d’utilisation de la technologie du moment.
En réponse à la question initiale, nous sommes encore capables de reprendre le contrôle. Mais cela ne se fera pas tout seul. Il faut y consacrer du temps, accepter d’apprendre, de chercher, de tester. C’est le prix à payer pour retrouver notre indépendance, et il en vaut la peine.
Comment faire pour que Thunderbird synchronise automatiquement tous les dossiers de votre messagerie ?
Allez dans les paramètres de Thunderbird.
Cliquez sur « Editeur de configuration » en bas de l’onglet « Général ».

Dans la zone de recherche qui apparaît en haut, saisissez « mail.server.default.check_all_folders_for_new ».

Puis cliquez sur la double flèche à droite, « Inverser » de façon à ce que la valeur False passe à True.

Relancez Thunderbird. Notez que le dossier ‘Indésirables’ ou ‘spam’ ne sera toujours pas synchronisé, ce qui est une bonne idée.
Bonjour JC,
Excellent article et excellente réflexion professionnelle mais surtout sociétaire.
Je n’ai « que » 52 ans, mais j’en suis presque venu à appeler toutes ces « nouvelles technologies » (iPhone connecté, Apps, Internet, Réseaux sociaux, etc…) le cancer du 21eme siècle.
Je ne suis pas un illuminé qui vit seul dans sa cave et se nourrit de l’eau de pluie et des fruits de son potager. J’utilise ces « nouvelles technologies » tout le long de la journée … Certes j’exagère un peu, mais c’est mon ressenti.
J’essaie de proposer des règles simples. Type pas de tel pendant les repas par ex. Mais il semblerait que c’est trop. C’est fou comment les personnes d’un groupe galèrent pour échanger dès qu’elles sont privées de leur cordon ombilical !
Voilà pour ce matin!
Excellente journée!
Cancer, c’est peut-être un peu fort car ces technologies nous rendent service aussi bien souvent. Plus que les technologies, ce sont les réseaux sociaux qui sont une plaie, et laissent penser que le monde ne tourne plus qu’autour d’eux à qui ne cherche pas à comprendre.
Quant à l’attachement que nous avons pour nos mobiles, j’avoue ne pas être exemplaire. Le mien me sert pour gérer mon activité professionnelle en grande partie, mais je le sors plus souvent qu’il ne le faudrait.
Bonjour JC
Personnellement j’utilise le mail de IOS sur mes 3 appareils, je ne suis pas d’accord avec Google et ne l’utilise pas sur mon poste…. Sauf quand il faut chercher quelque
Chose sur Safari qui « nous y guide » Voilà, à bientôt
Je fais pareil sauf sur l’ordi Windows qui ne peut disposer d’Apple Mail, à force de fouiller ça commence à ressembler à ce que je veux, alors c’est bien.
Bonjour,
Tout à fait d’accord …
Nous souhaitons vivement quitter l’entière galaxie Google.
Nous allons même plus loin en quittant les adresses mail .gmail pour un hébergeur suisse, Infomaniak.
Actuellement, échanges avec leur support pour leur appli calendrier qui semble bugger, des événements programmés disparaissent.
Oui, Google nous a simplifié la vie afin de devenir de bons petits produits.
Je procède petit à petit. Pour raisons professionnelles, tout n’est pas interchangeable sans coût de migration, aussi j’en tiens compte. Mais clairement, je ne privilégie plus les services bien connus avant d’avoir évalué une alternative crédible.
Reste que bon nombre de logiciels et services n’existent pas dans des éditions européennes ou françaises ou libres, et que tout remplacer n’est pas possible. Mais y penser est déjà un début.