Pourquoi une newsletter comme principal moyen de communication avec mon audience ?

Alors que je viens d’envoyer ma Lettre photo quotidienne numéro 1041, j’ai commencé le 2 septembre 2021, je m’interroge sur la nature de la newsletter en tant que moyen de communication dans le cadre de mes périodes de congés, voyages, séjours.

Pourquoi utiliser la newsletter comme moyen de communicaiton en lien avec Instagram. La chaîne des Pyrénées vue depuis le pic du midi.
photo (C) JC Dichant

Le principe de l’envoi d'email date de 1971 quand Ray Tomlinson crée le réseau ARPANET. Depuis, l'email a résisté à l’évolution des époques et aux autres formes de communication numérique, y compris les réseaux sociaux.

La newsletter existe grâce à l'email. Plutôt que de publier un contenu sur un blog, ou même les réseaux sociaux, il suffit de l’envoyer par email à une liste de destinataires qui ont choisi de le recevoir. L’un n'empêchant pas l’autre, les newsletters sont couramment publiées sur un blog de nos jours, comme mises en ligne sur des plate-formes dédiées telles que Substack ou Ghost.

Dans mon cas, c’est Aweber, mon service emailing, qui me sert à écrire puis envoyer chaque jour une Lettre photo. C’est la beauté de la newsletter : son indépendance par rapport aux plateformes et sa portabilité. Chacun sait lire un email, peut en recevoir un, et possède une adresse email.

Si je parle d’âge d’or de la newsletter aujourd’hui c’est parce que le format newsletter va au-delà du simple envoi d'emails désormais. Certaines newsletters sont des media à elles seules, d’autres des expérimentations créatives, d’autres encore des journaux en ligne. J’en veux pour preuve le DayLog de Thierry Crouzet, la newsletter de Tarik Krim ou les publications journalières de Craig Mod pour ne citer que quelques-unes de celles que je lis.

Les réseaux sociaux, Instagram en particulier, ont adopté la tactique du contournement. Plutôt que de venir en frontal sur le terrain de la newsletter, ils ont proposé une autre expérience utilisateur. Vous partagez des courts messages ou des images avec très peu de texte, ceux qui vous suivent peuvent les voir (mais ce n’est pas garanti), ceux qui ne vous suivent pas encore peuvent décider de vous suivre.

La croissance exponentielle des abonnés aux réseaux sociaux a nécessité l’implémentation d’algorithmes pour trier et sélectionner les contenus visibles. Voir trop de contenu rend difficile la distinction, d’où l’arrivée des algorithmes pour filtrer ce qui pourrait vous intéresser. A l’inverse de la newsletter, pour laquelle aucun algorithme ne trie pour vous, Instagram et les réseaux sociaux en général vous montrent une fenêtre sur le monde que vous n’avez pas complètement définie par vous-même. D’autres intérêts sont en jeu.

Développer l’audience d’une newsletter aujourd’hui, face aux réseaux sociaux, reste un défi. Il est tellement plus simple de lancer une application et de frotter son index sur l’écran pour voir défiler ce que nous pensons avoir choisi plutôt que de sélectionner avec soin ses auteurs, et de lire leurs emails.

En tant que photographe, Instagram est un outil pratique pour partager rapidement mes images. Mais c’est un outil inadapté pour le partage de textes. D’où mon questionnement actuel ; une newsletter peut-elle remplacer Instagram ? Instagram peut-il suffire à faire partager mes publications ? Non, et non.

Plutôt que de mettre ces services en concurrence, je préfère travailler à la complicité subtile des deux. Chaque photographie que je décide de montrer peut exister sur Instagram, chaque histoire qui l’accompagne, plus profonde qu’une simple légende, peut exister sous la forme d’une newsletter.

Craig Mod l’a bien compris avec ses notes de voyage. Cette idée de concilier l’instantanéité d’Instagram avec la profondeur d’une newsletter me fascine depuis que je l’ai découverte. Elle pourrait bien d’ailleurs transformer ma manière de communiquer durant mes périodes de congés ou voyages.

Pourquoi ne pas me contenter de légendes Instagram ? Franck Gérard l’a bien fait pendant ses trois mois de voyage photographique aux États-Unis.

Parce que je refuse d’être limité arbitrairement. 2 200 caractères, c’est la limite imposée par Instagram. J’ai souvent plus à dire, pour transmettre des récits plus détaillés, des anecdotes, des réflexions techniques ou des inspirations derrière chaque photo.

Parce que je tiens à rester maître de mes contenus, ce que ne permet pas Instagram. Par exemple, il est impossible de copier une légende une fois publiée, ce qui complique sa republication sur d’autres médias. Il existe bien sûr des possibilités techniques, des intégrations via Zapier, mais je préfère de loin un processus de publication plus simple.

La solution peut être de créer une dynamique : pendant qu’Instagram me servirait à capturer l’attention avec des photos impactantes, une newsletter offrirait à qui veut la vivre une expérience plus immersive. Une expérience qui permettrait à mes abonnés de plonger dans un récit au quotidien, plutôt que de passer très vite à une autre publication sans rapport sur leur fil Instagram.

Chaque nouvelle aventure, qu’il s’agisse d’un court séjour comme d’un long voyage, serait alors une fenêtre ouverte sur mon univers, un ensemble cohérent et organisé, plus qu’une déferlante d’images du quotidien.

J’envisage ce modèle, tout en ayant conscience qu’il nécessite une planification minutieuse. Lorsque je suis en mouvement, je continue à écrire chaque jour une entrée de journal privé, une Lettre photo pour mes abonnés photographes, et je partage quelques anecdotes et images sur mon canal Telegram. Je dois donc trouver le bon équilibre entre ces contenus pour éviter de submerger ou d’être submergé. Le tout en restant pertinent sur la durée du déplacement, ce qui n’est pas une mince affaire.

De plus, cela mérite une réflexion en amont sur la manière de convertir les utilisateurs d’Instagram en abonnés à ma newsletter, car c’est bien là mon but, intéresser une communauté de gens partageant mes passions, découvrant mes pratiques, m’apportant les leurs, une communauté bienveillante et motivante pour chacun.

Cette réflexion sur le bon usage de la newsletter et d’un réseau tel qu’Instagram illustre l’évolution nécessaire dans notre approche de la création de contenu. Il s’agit toujours de capturer l’attention, de la retenir, mais aussi de proposer des perspectives plus profondes et des expériences qui résonnent sur le long terme.

En conclusion, pourquoi est-ce que je me pose ces questions sur le meilleur moyen de communication ? Parce que je suis passionné par la publication de contenus, par le partage d’idées et de bonnes pratiques, que j’aime aider ceux qui en éprouvent le besoin, que la publication web est ma passion depuis si longtemps, qu’explorer et découvrir avant de partager sont les principes fondateurs de mon activité.

7 réflexions au sujet de “Pourquoi une newsletter comme principal moyen de communication avec mon audience ?”

  1. Bonjour Jean-Christophe,
    Comme Dany, je fuis les réseaux sociaux: ta nouvelle lettre me suffit largement pour suivre ce qui m’interesse en photo et autres sujets qui te passionnent. C’est une fenêtre largement ouverte qui fait entrer les nouvelles, et anciennes techniques pour voir, revoir et découvrir.
    Merci à toi.
    PS. une remarque: que de vocabulaire en anglais! Que font les académiciens?
    Ballangère

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  2. J’aime le principe de la news letter car j’ai choisi de m’y abonner. Ai départ il y a nikon passion. Petit à petit je me suis rendue compte que c’était ma source d’information privilégiée pour une nikoniste d’où la news littérature photo quotidienne puis les formations. J’ai un peu tâtonne avec le canal telegram. J’ai essayé puis ai abandonné puis suis revenue puis me suis inscrite à cette news letter en me disant « on verra bien  » . Cela me permet de découvrir des pans complets d’activité dont je n’ai pas besoin sauf pour parfaire ma culture générale et ma curiosité sur les nouvelles technologies. Je ne sais pas pourquoi mais je n’ai jamais su me servir correctement d’instagram. J’en profite pour te glisser que cela pourrait être l’idée d’une formation. Voici en vrac ma réaction à ton article

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    • Merci pour ce retour, j’ai tant d’idées à la minute qu’il me faudrait deux vies pour tout écrire et publier, mais il me reste du temps encore.
      Pour Instagram je ne sais pas si une formation est justifiée, il y en a tant déjà et surtout ça change tellement souvent que c’est complexe. Je peux partager quelques trucs persos par contre, je note.

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  3. Bonjour
    Le format newsletter me convient parfaitement car pas trop de blabla.Je n’ai pas instamgrampicetpicetcolegram car les réseaux sociaux ne sont pas ma tasse de thé.Je suis sur facebook mais l’utilise au minimum.J’ai essayé de télécharger Telegram mais aussitôt mon antivirus m’a alertée,alors j’ai renoncé.Je trouve que tu montres suffisamment de tes photos,tes projets et aussi d’autres auteurs.Si vraiment je recherche un document précis,il y a de quoi faire dans tes écrits,formations.
    Je reconnais que j’ai beaucoup de mal avec les innovations informatiques et ce que je trouve actuellement me suffit.Bien sûr l’IA permet des avancées mais après…Il faut s’en servir à bon escient mais rester conscient de ses limites et aussi,ne pas se laisser piéger.
    Bonne journée
    Dany

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