Le Web, l’IA et moi : chronique d’un ras-le-bol numérique

Ces derniers mois, j’ai passé beaucoup de temps à comprendre l’évolution du Web. L’omniprésence de l’intelligence artificielle dans tous les outils numériques m’a beaucoup occupé. Avais-je quelque chose à en tirer ? L’une de ces intelligences pouvait-elle m’être utile ? L’évolution des logiciels allait-elle dans le sens que j’attendais ?

Aujourd’hui, en avril 2025, le constat est clair : je sature.

Salle de suivi des lancements – Cap Canaveral – photo (C) JC Dichant

Pourquoi l’IA m’épuise au quotidien

Ces derniers mois, j’ai passé des dizaines d’heures à étudier le comportement de différentes intelligences artificielles. ChatGPT, Mistral, Claude… tout y est passé, jusqu’à leur intégration dans mes logiciels.

J’admets que certaines IA m’apportent de la facilité. Demander à ChatGPT de trier des listes, de formater de longs tableaux en HTML, de corriger mes dictées vocales, d’en faire des fichiers markdown, de corriger l’orthographe et les coquilles, c’est efficace. Ça me fait gagner du temps. J’en parlais ici.

Au-delà de ces usages, je doute. Je doute tellement que j’ai cessé d’utiliser l’IA générative pour le texte. Tout ce qu’elle produit doit être revu, corrigé, adapté. Les sources demandées sont quasiment toutes erronées. Je savais dès le premier jour que l’IA ne me remplacerait pas pour mes contenus publics. Pour mes notes de recherche, j’entrevoyais des possibilités. Je sais maintenant que l’IA ne peut me rendre ce service non plus.

Ce n’est pourtant pas faute d’avoir décrit avec précision ce que j’attendais, d’avoir fourni des exemples, et d’avoir demandé de les reproduire. Mais le constat est clair : le principe de base de l’intelligence artificielle, c’est qu’elle fait ce qu’elle veut.

L’autre constat, plus problématique encore, c’est que l’IA change tous les jours. Il m’est impossible de bâtir une stratégie, de caler un workflow, de peaufiner une procédure, sans que, deux ou trois jours plus tard, tout soit remis en cause. L’IA a déjà changé – ou une autre IA censée faire encore mieux est arrivée.

Mon verdict est donc le suivant : je vais continuer à utiliser l’IA générative en tant qu’assistant de mise en forme, de formatage et de correction. Et je m’arrêterai là. J’ai plus vite fait de traiter manuellement ce qui peut l’être que de passer mes journées à trouver le prompt miracle qui va permettre à l’IA de faire le travail à ma place.

Comment l’instabilité des outils numériques complique tout

Vous l’avez sûrement remarqué, vous aussi : plus aucun logiciel ou service Web ne reste stable sur la durée.

Avant, les logiciels étaient optimisés de versions en versions, enrichis de fonctions complémentaires. L’évolution était lente, réfléchie. Parfois même, l’éditeur questionnait les utilisateurs pour savoir dans quel sens aller.

Cette époque est révolue.

Désormais, les éditeurs de logiciels et de services Web se croient obligés de faire évoluer les produits à la vitesse de l’IA. De l’intégrer partout. Sans consultation préalable. Là où il faudrait apporter de la simplicité, de la fluidité, de l’ergonomie, c’est tout le contraire qui se produit.

Aweber, mon service d’emailing, a cru bon d’innover en modifiant l’ergonomie de l’éditeur de mails. Le résultat est sans appel : je passe 50 % de temps en plus à préparer un mailing qu’il ne m’en fallait avant ce changement.

Day One, mon, gestionnaire de journal personnel, a commencé à intégrer l’IA « pour analyser le contenu de mes notes personnelles ». Je gère un journal personnel, je ne veux pas gérer un journal piloté par l’IA !

Pourquoi je ne fais plus confiance aux éditeurs de logiciels

L’instabilité qui me perturbe le plus est celle des éditeurs de logiciels. Comment faire confiance, désormais, à un éditeur dont les offres évoluent sans cesse, dont les tarifs fluctuent au gré des agitations de l’actualité internationale, dont le service rendu n’est plus celui que j’attends ?

La plupart du temps, les hausses tarifaires successives – indécentes pour certaines – ne s’accompagnent d’aucune amélioration notable du produit. Un peu de (mauvaise) ergonomie par ci, quelques fonctions inutiles par là, tout ça pour justifier que « ça évolue ». C’est faux.

Je ne souhaite pas stopper l’utilisation des services indispensables à mon activité. Mais j’ai commencé à faire des choix. Tout ce que je conservais “au cas où”, parce que cela pouvait m’être utile de temps en temps, parce que je n’avais jamais pris le temps de me poser la question, je l’ai supprimé.

Ce n’est pas qu’une question de coût, c’est une question de simplicité.

Pour envoyer un e-mail, je n’ai pas besoin de cinq outils, j’ai besoin d’écrire et d’envoyer. Pour écrire une lettre, je n’ai pas besoin d’un pack Microsoft Office, j’ai besoin d’un éditeur de texte. C’est ça, l’idée de mon minimalisme numérique : ne pas être submergé par les outils, ne pas devoir chercher lequel utiliser pour faire quoi, ne pas devoir me demander où j’ai mis quoi.

Mon plan minimaliste pour reprendre le contrôle

Cet effort de simplicité n’en est qu’à ses débuts. J’ai encore trop de services, trop de logiciels, trop d’intermédiaires et d’interactions. Je vais poursuivre mon effort de simplification.

La suite ? Je vous la raconterai une fois les prochaines étapes finalisées.

2 réflexions au sujet de “Le Web, l’IA et moi : chronique d’un ras-le-bol numérique”

  1. Bonsoir
    Tu fais bien de laisser tomber l’IA pour corriger tes textes car il y a peu, des coquilles et fautes d’orthographe il y en avait, au point que je me suis dit : ce n’est pas lui qui écrit, c’est l’IA qui rédige.

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