De la difficulté d’écrire sur un blog en 2025, le doute

Si je ne remets pas en question la nécessité d’avoir un blog indépendant de toute plateforme en 2025, savoir quoi publier sur ce blog reste une question d’actualité pour moi.

Centre culturel Aragon Triolet – Orly – photo (C) JC Dichant

J’écris au quotidien.
J’envoie une lettre photo par mail à mes abonnés.
Je publie des articles sur mon site de photographie.
J’écris dans mon journal.
Je prends des notes.

Quand j’ai fait tout ça, il m’arrive de ne plus savoir quoi écrire sur ce blog.

Je ne vais pas répéter ce que j’ai envoyé par e-mail, je ne vais pas republier mes articles photos alors qu’ils sont sur un autre site, je ne vais bien évidemment pas partager mon journal privé.

Ce qui explique les longues périodes de silence sur ce blog, entrecoupées toutefois de quelques publications de photos ou d’articles didactiques.

Après avoir longuement discuté avec mon assistant ChatGPT, auquel je ne confie aucune création de contenu mais beaucoup d’interrogations, j’en suis arrivé à cette option : rendre publiques, comme je le fais ici, mes interrogations et doutes quant à la gestion d’un blog.

En effet, s’il s’agit d’un média venant compléter mes autres écrits, pourquoi ne pas considérer ce blog comme un espace d’expression personnel où je peux parler de tout ce qui me passe par la tête sans être contraint par une ligne éditoriale ou les dictats du SEO.

Je pourrais le faire sur les réseaux sociaux comme je le faisais aux débuts de Twitter. Mais Twitter est mort, Facebook est triste à mourir, Instagram ne me sert plus qu’à partager quelques photos que personne ne voit.

J’ai tenté la double aventure Bluesky et Mastodon depuis janvier, mais je dois dire qu’à ce jour je n’en retire pas grand chose de très constructif. Ce qui fait que j’en reviens systématiquement à ce blog, sur lequel, au moins, je me sens chez moi.

Je pourrais, comme le fait Thierry Crouzet dans ses carnets, vous partager une version publique des entrées de mon journal.
La question reste toutefois posée de savoir s’il me faut ainsi rendre ma vie encore plus publique alors qu’elle l’est déjà beaucoup.

Mais surtout, je m’interroge sur l’intérêt de savoir ce que cela pourrait apporter aux visiteurs et aux quelques lecteurs habituels. Le blog ne recevant que quelques rarissimes commentaires alors qu’il est visité par plusieurs milliers de personnes chaque mois, dois-je finalement me préoccuper de savoir si mes écrits vous intéressent, alors que mon besoin premier est d’écrire pour moi.

Bref.

J’en suis là de mes interrogations. J’avance puisque j’ai réussi à écrire ce billet.

S’agira-t-il d’un déclencheur suivi d’autres interrogations comme celle-ci ? Je ne sais pas.
Mais j’imagine, et vous me le confirmerez ou non, que je ne suis pas le seul à avoir des doutes actuellement en matière de publication et d’écriture (lire Vincent Breton à ce sujet).

Nous parlions du doute lors de la Masterclass que j’animais récemment pour des candidats à une reconversion professionnelle. C’est pourquoi il m’a semblé intéressant de partager ‘mes’ doutes. Même si, dans mon cas, il n’est pas question de reconversion professionnelle mais d’ajustement permanent de mon activité de publication et de formation.

Une dernière chose…

Si l’envie folle vous prend de me donner votre avis, la zone Commentaires ci-dessous vous est ouverte. Mais surtout, ne vous forcez pas pour me faire plaisir, faites-le pour vous.

8 réflexions au sujet de “De la difficulté d’écrire sur un blog en 2025, le doute”

  1. Bonjour Jean-Christophe

    J’ai essayé de créer un blog il y a quelques années, sorti quelques articles, mais c’est passé aux oubliettes de façon naturelle.

    J’ai buté, il me semble, sur 4 choses:
    – La complexité d’usage de la plate-forme WordPress, que je maîtrise mal, tant pour la mise en forme du contenu, que pour la diffusion et référencement pour toucher le public qui pourrait lire mes textes. Trouver le temps de cerveau disponible pour apprendre l’outil est décourageant pour moi. Ce n’est pas sur la pile du dessus de ma liste de priorités dans une vie déjà bien chargée.
    – La déception après relecture de mes textes et le regard critique sur les photos d’accompagnement. Toujours la question de savoir si ce que je publie vaut la peine d’être lu, sous la forme que je sais lui donner. Parce que des idées d’articles, j’en ai pas mal, l’œil aiguisé du photographe m’apporte des sujets quasiment en permanence.
    – La surconsommation d’informations en boucle. Les formats courts des réseaux sociaux (j’avoue être un peu accro) qui réduisent la capacité de lire un texte long. Je ne parle pas seulement d’un article de blog, la pile de livres en attente d’être lus est impressionnante. Trouver le temps de voir un film en entier est devenu anxiogène. Je trouve aussi, face à la facilité d’utiliser les réseaux, que l’ergonomie des supports informatiques des blogs a été laissée de côté par les développeurs. Ils ne permettent de voir à la fois qu’un petit bout de l’objet. J’ai le même problème avec certains logiciels professionnels, où le nombre de clics pour atteindre le niveau de travail est décourageant.
    – L’absence d’habitude de consommer des blogs. Autant Fb et Insta savent très bien pointer vers la communauté qui s’auto-alimente de contenus similaires, autant je ne connais pas de « bibliothèques » de blogs qui me donneraient envie intuitivement de piocher dans des textes plus ambitieux.

    Je m’imagine (peut-être à tort) que quand l’outil de fabrication et l’écosystème de la blogosphère seront suffisamment intuitifs pour donner envie de m’y replonger, je le ferai naturellement. Quand au lieu de cliquer sur un « X » pour voir ce qui se passe, je démarrerai ma routine par regarder ce que mes auteurs préférés ont à dire sur leur blog. Un peu comme le gros appareil photo, qu’on a la flemme de trimballer avec soi, sachant qu’on va louper de belles occasions de shoot.

    Mais peut-être ça existe déjà et je suis juste sous-informé?

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    • Il y aurait beaucoup à dire pour répondre à tous tes points sur la publication, l’écriture, le blog, je prends note toutefois car il me sera plus simple de le faire sous forme d’articles ici.
      Par contre, je ne peux rien contre la surconsommation de réseaux sociaux, et la soumission aux algorithmes de recommandation, c’est très personnel. Prendre du recul avec cela demande un effort, que toi seul peut accepter, ou non, de faire, c’est la même logique que celle de l’addiction aux drogues ou à l’alcool.

      Pour ce qui est de trouver des blogs intéressants, iil y a des façons de procéder, les annuaires de blogs n’étant plus d’actualité comme c’était le cas au début. Avec le temps tu finis par trouver des sources pertinentes, j’en ai 340 dans mon lecteur, sans aucun algorithme, et je les « consomme » à la demande. Toutes ne publient pas chaque jour bien sûr.

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  2. Rendre sa vie publique, personnellement je n’en voit pas l’intérêt, bien qu’une majorité soit, hélas, intéressée. C’est ce que j’appelle du « voyeurisme ». Il
    n’y a qu’à voir le comportement des humains quand ils croisent un accident routier… bon nombre ralentissent, regardent, commentent, non pas par altruisme mais uniquement par curiosité malsaine.
    À savoir que bon nombre s’ennuient et, de ce fait, vivent la vie des autres au lieu de vivre leur propre vie… comme c’est triste !

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    • D’où le besoin de dosage. Tout ce que j’écris et envoie par mail, par exemple, est une partie de ma vie. C’est très filtré, je ne dis que ce que je veux bien dire. Tout comme faire et montrer des photos de ses journées ou de ses voyages consiste, dans une certaine mesure, à rendre public ce que l’on vit. Il me semble donc nécessaire de me poser la question.

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  3. « De la difficulté d’écrire sur un blog  »
    C’est ce qui restera (le blog ou un site) quand tous le reste aura disparu

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  4. Article très intéressant.
    Plusieurs fois je me suis posé cette question. Faut-il encore publier sur les réseau sociaux ou sur le blog ?
    En tout cas je suis en panne d’inspiration sur le mien.

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    • Pour moi la question ne se pose pas : la publication se fait sur le blog, et le relais se fait sur les réseaux sociaux. Mais pas l’inverse, ni sur les réseaux sociaux uniquement.

      Dis autrement, je pose chez moi et j’en parle ailleurs.

      Ensuite, savoir quoi publier reste une question en effet. Tout dépend de nos besoins, envies, centres d’intérêt. Un photographe va plutôt publier ses photos, un auteur ses textes, un artiste son art.
      Reste la question du quotidien, des interrogations, des idées et réflexions. C’est le sens de ce billet, jusqu’où aller, pourquoi, comment. C’est là-aussi très personnel, je suis habitué à me poser ce genre de questions, peut-être me faut-il les publier aussi avec les considérations associées.

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