Les réseaux sociaux et moi, fin de partie annoncée

J’ai pourtant essayé. J’ai même créé un compte Mastodon récemment en me disant que mon désamour pour les réseaux sociaux venait des plateformes propriétaires. Non, il vient bien des réseaux sociaux, c’est pourquoi je prévois la fin de la partie.

Pourquoi je quitte les réseaux sociaux (soirée festive à Venise)
Rencontres sociales à Venise – photo (C) JC Dichant

Lorsque j’ai découvert les réseaux sociaux, à leurs débuts, Twitter puis Facebook m’ont conquis. J’y faisais chaque jour des découvertes, j’avais des échanges enthousiastes, je partageais. Cet environnement était positif, motivant.

Bien sûr, il y avait déjà quelques débordements, des fortes têtes, des envolées lyriques, mais rien qui ne justifie de prendre du recul.

J’ai construit une belle audience sur les réseaux, qui m’ont valu une belle mise en avant de mes sites. Je dois même aux réseaux quelques amitiés qui durent encore aujourd’hui.

Seulement voilà, toute société évoluant, la société numérique et les réseaux ont évolué. Les deux, oui, car je ne saurais justifier mon désamour actuel pour les réseaux par leur seule évolution. Les réseaux ont souffert d’une arrivée massive de participants dont le seul but est de communiquer de façon biaisée, politisée, clivante. Je passe sur l’ingérence des différents états, des partis, des groupuscules dont le but est d’influencer une population qui ne prend pas toujours la mesure de ce qu’il se passe sur les réseaux ces dernières années. Où sont passées les conversations authentiques ?

Bref. Je suis arrivé au bout de ce que je peux supporter.

J’ai délaissé Twitter ces dernières années, laissant mon compte publier mes articles en mode automatique.

LinkedIn ne m’est d’aucune utilité depuis que je suis indépendant, soit depuis 2014.

Facebook n’est plus que le reflet de lui-même, plébiscité désormais par une génération qui a du mal à identifier le vrai de l’IA (voir les conséquences de l’effet Boomer trap).

Instagram ? C’est le seul réseau que je fréquente encore, j’y échange avec quelques ami(es) fidèles, des lecteurs, des danseurs et chorégraphes (en lien avec mes photos de danse).

Instagram me sert de messagerie plus que de réseau de partage de photos, j’y accède la plupart du temps au travers de Beeper, l’outil de messagerie fédérateur, qui m‘évite d’ouvrir l’application Instagram. Je ne subis ainsi pas l’avalanche de publicités et de publications dont beaucoup, je dois le dire, ne m’attirent guère. Ce n’est pas faute d’avoir sélectionné avec soin les comptes suivis, mais ce flux incessant d’images et de vidéos dont le seul but est de montrer … des photos ne m’attire plus.

Et Mastodon, alors ?

J’ai récemment tenté l’aventure après avoir lu plusieurs avis positifs émis par des gens ayant fuit les réseaux propriétaires : une plateforme libre et fédérée, non soumise aux algorithmes ni à la publicité, des échanges intéressants … la mariée semblait belle. Elle m’a pourtant déçu très vite. Certains diront que je n’ai pas eu le temps de prendre la mesure de Mastodon, c’est vrai. Mais le peu que j’en ai vu m’a suffit pour réaliser que même si ce réseau ne présente pas tous les vices des réseaux propriétaires, ceux qui le fréquentent ont les mêmes comportements.

Mais il y a autre chose.

L’envie que j’ai pu éprouver de partager sur les réseaux, de développer un autre canal de communication avec mon audience, n’est plus là.

Pour partager, encore faut-il avoir quelque chose à dire ou à montrer, sans devoir gérer les retours, ce qui me prend plus de temps que de poster.

Ce manque d’envie est aussi lié à mon désir profond de retrouver le temps long. Celui qui me permet de lire un essai, un livre, de découvrir un auteur au travers de ce qu’il publie plus que de ses publications sociales.

Les photographes ? C’est dans les livres et les revues spécialisées que je prends plaisir à découvrir leur travail, leurs projets, et non en faisant défiler des centaines d’images du bout du doigt sur l’écran de mon smartphone.

Alors la prochaine étape, c’est quoi ?

J’annonce la fin de la partie, ce qui ne veut pas dire encore que j’abandonne toute présence sociale. Je tiens à poursuivre les échanges avec ceux qui me le rendent bien, lecteurs, clients, amis, proches. Mais je n’ai plus envie de partager en public ce que je fais, pense, photographie, écris.

Le temps passé au quotidien à écrire ma lettre photo et à échanger par mail avec mes lecteurs est un plaisir sans cesse renouvelé.

Faire de même dans mon canal Telegram, une messagerie privée, avec des gens passionnants et passionnés, est tout aussi plaisant.

Et enfin, lire des livres, des romans, de la non fiction, découvrir des livres de photographes, tout cela me réjouis toujours autant au quotidien.

Mes comptes existants sur les réseaux sociaux vont rester. J’ouvrirai quelques fois Instagram pour prendre des nouvelles de mes contacts. Je continuerai à échanger sur Telegram et en messages privés, à publier sur ce blog. Mais ne vous attendez pas à plus. La meilleure façon d’échanger avec moi, si vous ne voulez pas rejoindre Telegram, reste la zone commentaires de ce blog. Elle est pour vous.

Laisser un commentaire