En 2026, la question de l’utilité d’un blog mérite d’être reposée. Le mot « blog » est aujourd’hui considéré comme obsolète. Les plateformes de blogs grand public ont fermé les unes après les autres ces dernières années. Le sujet n’intéresse plus grand monde.
Personne ? Sauf moi, puisque le blog est un de mes centres d’intérêt depuis 2005, à l’époque de ma découverte de ce média, notamment à travers le livre de Loïc Le Meur. Depuis, je n’ai jamais cessé de tenir un blog, et même plusieurs. L’un d’eux est à la base de mon activité professionnelle depuis 2004.
À quoi bon avoir un blog en 2026, alors que les réseaux sociaux occupent tout l’espace du web ? Avec l’arrivée des IA génératives comme ChatGPT, Claude, Perplexity, Gemini et les autres, le trafic des sites web, blogs compris, est en chute libre. Il faut être soit parano, soit convaincu de ce choix. C’est mon cas.

Première raison : rester propriétaire de son espace
En 2026, pour publier sur le web des textes, des images, des vidéos, des audios, nul besoin d’un blog. Vous créez un compte sur n’importe laquelle des plateformes sociales (Instagram, TikTok, et même YouTube) et c’est parti. Cela ne vous coûte rien. Cela demande peu d’efforts de mise en place et de gestion. Vous profitez de la visibilité offerte par ces plateformes, si tant est qu’elles en offrent encore. Vous serez de toute façon bien plus visible qu’en publiant sur un blog.
Ces plateformes offrent des facilités, mais montrent aussi leurs mauvais côtés : comptes fermés sans préavis, bannissement non fondé, algorithmes conçus pour favoriser la plateforme plus que vos contenus… Je passe sur les aspects nocifs de ces plateformes : fake news, haters, invasion de contenus générés par l’IA, tromperies.
Si je persiste à avoir un blog en 2026, c’est pour cette première raison : quoi qu’il arrive sur le peu de plateformes où je suis encore actif (Instagram, pages Facebook), je garde toute ma liberté sur mon blog.
Adepte de la méthode POSSE, je publie d’abord sur le blog, puis j’utilise les plateformes pour faire connaître mes contenus. Je ne suis pas dupe, les retours sont faibles, la grande époque du trafic généré par les réseaux sociaux est révolue.
Deuxième raison : publier texte, photo et audio ensemble
J’écris, je photographie, je parle. Mes textes, photos et audios constituent un ensemble homogène. Lorsque je voyage, je publie au retour un article mêlant texte et photos. Lorsque je présente un sujet, je publie du texte et des illustrations.
Je ne peux pas procéder ainsi sur les plateformes. Instagram n’autorise pas vraiment le texte, et si peu l’audio (les canaux Instagram sont morts-nés). Facebook ne gère pas l’audio et ne permet pas la mise en page de mes textes illustrés. Le constat est le même pour les autres plateformes. Quant à YouTube, c’est le royaume de la vidéo, et la vidéo n’est pas à mon programme actuellement.
Avoir un blog en 2026 me permet de publier ce que je veux, comme je le veux. Je décide seul du design et des fonctionnalités de mes blogs. J’ai déjà parlé de la différence entre être locataire sur les réseaux sociaux et propriétaire sur son blog. C’est toujours d’actualité en 2026.
Troisième raison : newsletters, indépendance et données
Depuis 2025, la baisse de portée des réseaux sociaux, envahis par les fake news et l’IA, est une réalité. La baisse de trafic sur les sites web, blogs compris, est tout aussi réelle. Le média qui a le vent en poupe est la newsletter. C’est un média simple, capable de présenter tous les formats. C’est un média qui ne suppose aucune règle de structuration (SEO, GEO). Tout le monde possède une adresse email. Gérer une newsletter permet de rester propriétaire de sa liste d’abonnés, ce qui est essentiel pour moi.
La montée en puissance des newsletters se matérialise par la mise en avant d’une nouvelle plateforme, Substack. En proposant la publication de notes, Substack fonctionne désormais comme un réseau social, sans en porter officiellement le nom. Son objectif premier est de permettre la publication et l’envoi de newsletters à une liste d’abonnés, sans frais. La plateforme autorise même la monétisation des newsletters, en prenant son pourcentage au passage, ce qui ravit de nombreux auteurs.
J’utilise Substack depuis deux ans, pour voir d’abord, pour tester ensuite. Pour publier, peut-être, bientôt. Mais je reste fidèle à mes principes, je n’abandonnerai jamais mon blog pour tout confier à Substack, c’est évident. Je passe sur la personnalisation d’un compte Substack, qui est loin d’offrir les facilités d’un blog. Un compte Substack n’est pas un blog, c’est un compte d’envoi de newsletters, ne mélangeons pas tout.
Substack est souvent décrié pour son absence de modération des contenus à tendance extrémiste. De plus, il s’agit encore une fois d’une plateforme américaine, et je vous avoue que les plateformes américaines et moi, nous sommes de moins en moins copains.
Mon blog utilise un gestionnaire de blog open source, WordPress. Il est hébergé chez un prestataire français, OVH, administré par un infogéreur français, Maneya. Tout ce que je publie est sauvegardé quotidiennement en France, et je peux à tout instant tout récupérer. Je suis adepte de la plus grande liberté, y compris sur le web, vous l’aurez compris.
Sur ce blog, j’ai activé depuis quelques mois la fonction de publication de mes newsletters. Chaque vendredi, lorsque j’envoie ma lettre Face B à mes abonnés, ils la reçoivent par email. Elle est automatiquement publiée sur ce blog, via l’automatisation offerte par mon service d’emailing. Ce service peut couper mon accès à tout instant, je ne perdrai ni mes contenus, publiés sur le blog, ni mes abonnés, sauvegardés chaque semaine. Le beurre et l’argent du beurre.
Conclusion : Avoir un blog en 2026 ? Le prix de la liberté
Ces trois raisons suffisent à justifier l’existence d’un blog en 2026. La liberté de publier, la sécurisation de mes contenus et de mes listes d’abonnés, et la diffusion de mes newsletters.
Revers de la médaille, être propriétaire a un coût. Avoir un blog a aussi coût. Je finance un serveur dédié pour héberger tous mes sites, dont ce blog. Je paie aussi le nom de domaine associé, ainsi que quelques licences pour des plugins WordPress qui me rendent service. Et je paie bien évidemment mon service d’emailing, qui me permet de publier mes newsletters. Pour moi, c’est le prix de la liberté. Et puis, vous le savez, le web gratuit n’existe plus depuis longtemps, même si certains veulent vous laisser penser l’inverse.
Merci beaucoup pour cet article, qui répond à plusieurs de mes questions, outre celle de la pertinence d’un blog (concernant Substack, notamment).
Espérons un jour un Substack français (je partage votre ras-le-bol des plateformes US).
J’aimerais croire (mais ce serait optimiste) que d’autres comme moi satureront suffisamment de l’avalanche des contenus IA qu’ils souhaiteront revenir à des contenus plus longs, qualitatifs et… humains !
Le blog reste pertinent justement parce qu’on le maîtrise de A à Z. Pas d’algorithme qui décide de ta visibilité, pas de plateforme qui peut fermer demain. C’est un actif durable.
Exactement.
Parce que c’est la seule chose qui restera
(de tous les moyens de communication/partage mise à otre disposition sur le net)
Je ne sais pas ce qui restera, mais oui, le blog a ses chances.
Toutefois Il faut dissocier les deux types de blogs :
– celui qui est géré par son auteur sur un serveur indépendant
– celui qui est géré par une plateforme de blogs, il en existe encore, qui est soumis aux aléas de la plateforme.
Typepad, skyblogs, c’est n ne compte plus les fermetures de plateformes de blogs et les blogs disparus avec elles. Blogger (Google) ferme aussi des blogs sans préavis.