Je l’avais presque oublié ce minuscule Ricoh GRD. Pourtant il était toujours en bonne place dans ma vitrine photo, où sont stockés tous mes anciens appareils. Je suis conservateur, je n’ai jamais réussi à me séparer de mes boîtiers argentiques, si ce n’est mon tout premier Nikon, le F601. Tous se côtoient au fil du temps.

Parmi cette (trop longue) liste de boîtiers, mon petit Ricoh GRD acheté en 2007. J’avais choisi ce compact expert à une époque où les hybrides n’existaient pas, où les reflex étaient plus imposants et lourds, et parce qu’un ami photographe professionnel m’en avait dit tellement de bien après avoir shooté une couverture de CD pour un de ses clients.
Tout fier de cette découverte, j’avais même investi dans le kit Ricoh GRD au grand complet, comprenant le boîtier avec son équivalent 28 mm f/2.4, le complément optique 21 mm, le viseur optique (une pure merveille), le pare-soleil et l’étui cuir. Quel look mes amis !

J’en ai fait des images avec ce Ricoh GRD ! Sa petite taille me permettait de l’avoir toujours sur moi, de me glisser dans la foule tout en prenant des instantanés sans jamais me faire remarquer. A l’inverse je pouvais aussi jouer au reporter photographe pas discret du tout sans ne jamais effrayer qui que ce soit avec un gros zoom, sans troubler le déroulement d’un évènement, en capturant le regard amusé des participants. Je vous laisse regarder mes images de la fête de la Pentecôte à Dôle, elles parlent d’elles-mêmes. D’ailleurs, pour la petite histoire, 17 ans plus tard on vient de le mes demander à nouveau pour illustrer l’édition 2024.
Mais les années passèrent, les reflex évoluèrent, les hybrides arrivèrent et le Ricoh GRD finit par rester de plus en plus souvent dans la vitrine. Comme avec tous mes boîtiers historiques, je le prenais en main de temps en temps pour le démarrer, je chargeais la batterie, mais cela n’allait pas plus loin.
Jusqu’à ce jour d’avril 2024 où, alors que je regardais un reportage sur la photo de rue à Paris, je me suis souvenu de mon fidèle compagnon. Je l’ai sorti, chargé et le charme a fait à nouveau son effet.
On oublie parfois à quel point ressortir un ancien appareil photo peut s’avérer rafraîchissant, presque libérateur. En repoussant l’idée que plus récent rime toujours avec meilleur, je me suis replongé dans le plaisir simple de mon petit compact 8 Mp (on en rirait presque). Quand je l’ai rallumé et que j’ai entendu le bruit si particulier de l’objectif sortant de sa cachette, un sentiment familier m’a traversé : ce boîtier reprenait vie. Certes, il me faudrait de nouvelles batteries pour qu’il soit utilisable quelques heures, mais je le retrouvais tel que je l’avais laissé après ma dernière prise de vue dans la rue.
Je me suis alors replongé dans les réglages afin de m’assurer que tout était encore fidèle à ma pratique. Et c’était le cas, le Ricoh GRD a plus de mémoire que moi !
L’exploration de ce menu et de ces réglages que j’utilisais il y a bien longtemps m’a rappelé cette aisance d’autrefois. Sur le Ricoh GRD 1er du nom pas de menu à rallonge, pas de milliers d’options dont on ne sait jamais à qui elle peuvent vraiment servir, pas de personnalisation à outrance. Non, un simple menu pas convivial du tout dans cette première version mais un menu efficace. C’était comme retrouver un vieil ami dont on connaît les habitudes et les plaisirs.
En redécouvrant les sensations agréables qui accompagnaient mes sessions photographiques de l’époque, je réalise aujourd’hui en utilisant ce compact expert à quel point je me laisse encore guider par l’instinct. Je ne suis pas focalisé sur la dernière technologie ou sur le réglage parfait, mais sur cette liberté de capturer l’instant. Je me libère de la technique, je renoue avec l’émotion brute que la pratique de la photographie m’apporte, je relâche toute pression pour me contenter d’ouvrir les yeux et de déclencher.
En utilisant à nouveau ce Ricoh GRD du passé, avec tous ses défauts (dont un long temps de réaction et la quasi impossibilité de faire du RAW tant c’est long), je sens une sorte d’exaltation. C’est une stimulation unique, je fais confiance à mon intuition pour prendre des photos qui nourrissent ma démarche minimaliste.
Les résultats obtenus dépassent encore mes attentes, réaffirmant que la photographie est bien plus une question de ressenti que de prouesses techniques. Faire des photos devient alors un plaisir renouvelé, une pratique stimulante et surprenante après toutes ces années, preuve que l’instinct reste un guide, que l’on utilise un appareil de dernière génération ou une relique d’un temps révolu.
Le Ricoh GRD version 1 est toujours présenté en détail sur le site Ricoh et se vend toujours en occasion à prix d’or.
Si l’envie vous prend, sachez que les batteries d’origine bien fatiguées désormais se remplacent aisément, j’ai commandé un lot de deux batteries PATONA CGA-S005 équivalentes à la batterie Ricoh DB-60 (15 euros les 2 sur Amazon).
Pour le plaisir des yeux, une sélection d’images faites avec le Ricoh GRD version 1 au fil du temps.










Bonjour J.C,
J’utilise toujours (en plus de mon D7500) mon vieux D50 (2006) pour l’emmener avec moi dans mes balades naturalistes… toujours fidèle compagnon qui ne craint pas d’être malmené dans la garrigue… nostalgie quand tu nous tiens !!! Salutations.
J’ai été fidèle à Minolta de 1967 (SRT101) à 2001 avec depuis les années 1970 un fabuleux XM à viseur interchangeable et un XM Motor, poids lourd des reflex avec près de 2kg sans objectif, mais tellement jouissif par sa poignée anatomique, son fonctionnement tellement doux et une qualité de visée bluffante.
Ayant été rédacteur technique photo de 1969 à 2023 (54 ans… mais je bosse toujours comme journaliste), forcément j’aime le beau matos et j’ai collectionné les Minolta notamment des raretés: le 35-II réplique du Leica, un SR1 première version noir, le SR-M curieux SR1 motorisé et sans cellule parce que Minolta pensait que les trépidations casseraient le galvanomètre (exemplaire 2780, le tout dernier fabriqué), etc. La 2ème plus belle collection Minolta en France! J’avais aussi une panoplie d’objectifs du 15mm (Pentax, reconditionné pour la monture Minolta SR), les prestigieux 2/28 et 1,7/85, le 3,5/200, les deux télés à miroir 5,6/250 (à peine plus gros qu’un 50mm) et 8/500, etc. Mais j’ai presque tout donné à l’asso des amis du Musée de Bièvres quand j’ai déménagé en Octobre 2022 pour une maison plus petite (mais au soleil), ne gardant que le SRT101 et le XD7 noir gravé à mon nom par Minolta en hommage à mes services rendus à la marque entre 1969 et 78.
Quand mon beau-frère est mort en 2001 ma sœur m’a légué ses Nikon aussi je suis devenu Nikoniste et mon premier achat a été un F4, mais ça arrivait trop tard, je suis assez vite passé au numérique avec, comme toi, un D70. J’ai vécu le décès de la marque Minolta en 2006 comme celui d’un proche, j’en ai baucoup souffert pendant des années et me suis fait une raison.
Du coup parallèlement à un équipement plein format Nikon digital je me suis payé une panoplie complète Minolta 7D avec toutes les focales de 10 à 300mm et le macro de 50mm! C’est un plongeon dans le passé et je m’en sers de temps en temps mais bien sûr les photos ne valent pas grand chose comparées à celles de mes plein format Nikon… Et quand je veux faire compact je prends mon iPhone dont le rendu est très proche de celui des Nikon au point que je mélange les deux dans mes galeries photo. Voilà…
Amicalement.
Lionel
Bonjour Jean Christophe
Un peu dans le même genre, je possède un reflex Nikon D70S qui aura bientôt 20 ans. Je l’utilise encore de temps en temps, couplé au non moins célèbre Nikkor AF-S DX 18 70. L’ensemble continue à produire des images de qualité.
Bon week-end
Cordialement
Qui n’a pas eu un D70 ? Tellement mythique !
Serait-ce dans les vieux pots que l’on fait les meilleures soupes ? Tout à fait d’accord avec ton analyse. Ce qui n’empêche pas d’avoir des appareils ultra perfectionnés…J’ai toujours mon vieux Nikon FM (acheté voilà bientôt 46 ans!) accompagné d’un 24mm f2.8, DU 55 micro-Nikkor f3.5 (Arrrgh !) et du 105 f2.5…et aussi des numériques (D70, D200 entre autres avec leur cohorte d’objectifs)…Ma dernière acquisition : le Zfc (pour le poids, je vieillis). Mais la simplicité des réglages du FM me réjouit toujours (je vais le refaire crépiter, je me remonte un labo photo). Merci pour cet article. À bientôt de te lire.
J’en ai un stock aussi de tous les âges, ce qui m’intéresse avec le Ricoh c’est qu’il est encore très utilisable et c’est très agréable de le ressortir.