Comment se poser les bonnes questions, le mauvais exemple

Je lisais ces derniers jours l’email d’une jeune femme issue du monde du journalisme, se posant la question de savoir si elle pouvait développer une activité de formation. Face à la crise des médias, la difficulté d’exister dans un monde saturé d’informations, de conserver son emploi, sa question avait beaucoup d’intérêt mais elle me semblait mal posée. L’art de se poser les bonnes questions demandant un apprentissage, j’ai buté sur la formulation de ses questions et donc sur ma capacité à lui répondre.

Comment se poser les bonnes questions
Photo Evan Dennis

Se poser les bonnes questions : la première interrogation

Est-ce « jouable » de vendre de la formation via un site internet ?

Quand j’ai lu cette phrase, je n’ai pas compris comment quelqu’un qui vient du monde des médias, donc sensibilisé aux usages du web, de l’accès à l’information, peut se poser une telle question.

La réponse me semblait évidente. Bien sûr qu’il est possible de vendre de la formation via un site Internet, des pans entiers de l’économie reposent sur cette activité, et personne ne la remet en cause.

Toutefois, en relisant bien la question, j’ai y vu une autre question, non exprimée (d’où la nécessité de réfléchir en amont). Ce que cette personne voulait dire, la question que vous vous posez vous-aussi peut-être, n’est pas de savoir si vendre de la formation via un site Internet a du sens, c’est de savoir si « vous » pouvez vendre de la formation via un site Internet.

Ce que les autres font, nous ne nous sentons pas toujours capable de le faire. Nous nous réfugions derrière tous les arguments possibles pour prétendre que non, nous ne pouvons pas, parce que « nous ne sommes pas les autres ».

Le simple fait de se poser la question est pourtant un signal fort : cela signifie que vous avez déjà réfléchi à cette possibilité, que vous avez peut-être même un embryon d’idée, que vous êtes attiré par cette formule, qu’il vous plairait d’arriver, vous-aussi, à dégager des revenus d’une telle activité.

Si c’est ce que vous pensez, alors sachez que vous avez déjà fait l’essentiel. Le reste n’est que méthode et formalités.

La seconde question à se poser

Suis-je prête à me mettre en avant sur un site, un réseau social… pour faire « ouvertement » du business ?

Cette seconde question pose le problème du rapport à l’argent. Il est malvenu, en France particulièrement, de parler d’argent, de prétendre vouloir en gagner. C’est d’autant plus malvenu si vous vous exposez sur le web pour le faire. Pourtant, tout le monde cherche à gagner de l’argent. L’hypocrisie domine.

Est-ce à dire qu’il ne faut pas le faire ? Non. Vous ne devez pas avoir honte de lancer une activité, de chercher à gagner votre vie avec.

Je répondrais volontiers à cette personne que non seulement elle devrait faire ce qu’elle envisage de faire, mais qu’elle devrait le faire ouvertement. Il n’y a rien de pire que de masquer la vérité, de ne pas avouer que, comme les autres, vous cherchez à gagner votre vie. Plus vous serez clair avec vous-même, plus cela sera facile à expliquer.

Si vous apportez de l’aide à quelqu’un, ce à quoi la formation sert, vous lui rendez service. Vous offrez de la valeur, vous allez peut-être même changer une vie. Pourquoi cela n’aurait-il pas un prix ? Pourquoi un formateur installé dans une salle devant quelques personnes aurait le droit de vendre sa prestation, et pourquoi vous, sur le web, vous n’auriez pas le droit de le faire. Qu’est-ce que cela change ?

La vraie question n’est pas celle-ci. La vraie question est celle de l’image et de l’amplification que le web apporte. Que vont penser les autres de moi ? Pour qui vais-je passer ? Et si je me fais critiquer ? Mon grand-père répétait souvent à qui voulait l’entendre qu’il vaut mieux être envié que plaint, il avait raison.

En conclusion

Proposer des activités de formation sur le web, ou toute autre activité compatible avec cette forme de présence, est non seulement une idée pertinente mais c’est quelque chose que tout le monde fait déjà.

Si vous avez une expertise, quel que soit le domaine, si vous êtes capable de développer une expertise, alors vous pouvez vendre de la formation sur le web (voir comment y réfléchir).

Vous mettre en avant sur le web et les réseaux sociaux pour vendre vos prestations est une simple activité de communication. Co-mmu-ni-ca-tion. Quel professionnel ne communique pas ?

Il y a des bonnes pratiques, bien évidemment, elles s’apprennent. Vous pouvez les apprendre. Se poser les bonnes questions aide, c’est une compétence essentielle.

 

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