Chaque matin, alors que la journée commence à peine, que la maison est encore calme, que le café a coulé dans mon mug aux couleurs Harley-Davidson, j’ai besoin de ces moments de découverte, d’exploration, de lecture, de réflexion et de prise de notes.

Tous les domaines m’attirent, qu’il s’agisse de sciences, d’actualité, d’histoire, de technologie, d’arts ou de photographie. Ces lectures sont la source d’une matière que je peux ensuite travailler, adapter, personnaliser et développer dans mes différents écrits, qu’il s’agisse de mon journal quotidien, de ma Lettre photo ou des publications sur ce blog.
Les auteurs m’attirent, peut-être parce que je ne le suis pas. Ce matin, c’est Thierry Crouzet qui me fait découvrir un nouveau blog, immédiatement ajouté dans Inoreader, mon lecteur de flux RSS. J’y trouve une nouvelle source d’inspiration, un bel exemple de Projet 365, ce que j’incite mes abonnés à faire pour développer leur pratique de la photo. Quoi de mieux que de le voir fait par d’autres, surtout quand c’est maîtrisé comme par Eliness sur Hypothermia (2023, moments choisis – Hypothermia).
Ces moments de lecture me sont devenus essentiels, alors que la perspective de saisir mon iPhone pour ouvrir Instagram ne l’est plus. Autant les blogs et ma liste de flux sélectionnés avec soin m’apportent, autant les réseaux sociaux, et Instagram en particulier, me déçoivent chaque jour un peu plus. Dire qu’il y a quelques années j’ai bâti une audience sur les réseaux, que j’en ai fait les bases de mon activité actuelle. Cette époque que nous pensions innovante a vécu. En sera-t-il de même de l’IA qui occupe les esprits en ce moment, qui est de toutes les publications ? Va-t-elle aussi perdre en puissance, mourant de sa belle mort après s’être nourrie de ses propres excréments ?
Je m’interroge de plus en plus sur ma capacité à enrichir mon blog avec de nouveaux articles, à aller au-delà des contenus didactiques pour proposer autre chose, une invitation à la découverte, à l’exploration, malgré un emploi du temps déjà chargé par mes autres écrits.
Ne pouvant décemment y consacrer plus de temps que je n’en ai, il me faudrait trouver une façon élégante de transformer mes notes de journal, d’y ajouter ce qui leur manque, d’en retirer ce qui est trop personnel. Je l’envisage, sans me donner de rythme, sans, surtout, chercher à recourir à l’IA. L’IA qui serait pourtant la clé de la réussite grâce à sa capacité à générer un texte homogène à partir de mes notes. J’ai expérimenté, c’est bluffant. Mais ce n’est pas moi, ce qui consisterait à inviter quelqu’un à écrire sur mon blog. Je ne peux m’y résoudre.
Je partage ces réflexions matinales car elles révèlent un aspect fondamental de ma personnalité et de ma démarche créative. Écrire, pour moi, n’est pas seulement une activité ou un défouloir, c’est une nécessité, le moyen d’exprimer ce que je vis, ressens et découvre. En me plongeant chaque matin dans mes anciens journaux, dans mes notes, je construis, petit à petit, un avenir. C’est ainsi que j’ai pensé mes activités professionnelles actuelles, c’est ainsi que je monte mes projets, c’est ainsi que j’en retire tant de ma liste.
Écrire, c’est aussi « finir le boulot » comme je le dis d’un tirage photo en photographie. À quoi bon encombrer un disque dur de notes si cela consiste à les garder pour soi, ne jamais les transcrire en idées plus personnelles, ne jamais repartager ce que l’on m’a partagé ?
La musique soul dans les oreilles, le temps passe. Il est l’heure d’en arriver à des choses plus sérieuses, une Lettre photo à écrire car c’est mon rituel, une formation photo à boucler car c’est mon gagne-pain, quelques nouveaux livres à découvrir. De quoi alimenter ma prochaine routine matinale.
Merci beaucoup Jean-Christophe pour cette mention et l’appréciation qui y est associée !
Je te rejoins énormément sur ce besoin de fuir les réseaux sociaux de plus en plus emplis de bruit artificiel pour rechercher dans le web des alternatives bien plus humaines et personnelles. On parle énormément de la théorie de l’Internet mort ces temps-ci, mais je suis convaincue qu’il reste bon nombre de survivants tels que toi et moi qui le peuplent et le nourrissent – on est simplement bien plus cachés dans nos petits jardins secrets 🙂