Mai 2024. Le soleil me fait de l’œil. J’ai quelques heures devant moi, et envie de marcher, appareil en main. Direction les quais de Seine. Je me gare à la BNF, et je pars sans but précis. Une seule consigne : profiter. Trois critères : voir, ressentir, capturer.
J‘ai emporté mon fidèle Fuji X-Pro2, compagnon de mes balades urbaines. Compact, discret, rapide. Un boîtier que j’oublie presque, jusqu’à ce que l’image s’impose. À ce moment-là, je déclenche. Vite. Sans déranger. Sans réfléchir trop longtemps. Le boîtier est une extension de mon œil.
Pour moi, c’est ça la photographie urbaine : marcher, observer, ressentir, puis déclencher au bon moment. Je n’ai pas besoin d’un sac rempli d’objectifs. Une focale fixe me suffit. Ce jour-là, je suis parti avec mon 23 mm, il cadre comme un 35 mm en 24×36. C’est la focale que j’ai dans l’œil. Elle me force à m‘approcher. À composer. À éliminer pour ne pas trop encombrer le cadre.
Je ne suis pas là pour faire « la bonne photo ». Je suis là pour voir ce que la ville peut m’offrir. Et Paris offre toujours quelque chose.
Ce jour-là, c’était un alignement de péniches, un reflet dans une vitre teintée, une baignoire transformée en jardinière, un bouquet abandonné sur un muret.
Tout est sujet. Non pas parce que c’est spectaculaire, mais parce que ça m’attire. Parce que ça me raconte quelque chose. Parce que c’est là, et que ça va disparaître, dans un instant comme dans des années.
Certains lieux attirent le regard : la piscine Joséphine Baker, flottant sur la Seine comme un vaisseau. Le Quai de la Photo, où je retrouve mes lecteurs lors de mes rencontres photo. Le Petit Bain, à l’abri des palmiers, comme une cabane de rêveurs urbains. Ce Paris-là n’est pas celui des cartes postales. C’est celui des ambiances, des détails, de l’inattendu.
Je regarde beaucoup, je déclenche peu. Je me dis souvent que je pourrais faire plus de photos, avant de me rappeler que l’important n’est pas le nombre d’images. C’est le regard.
Photographier ainsi est une façon de méditer en mouvement. Je ne pense à rien d’autre. Je suis là, pleinement disponible.
À chaque fois, je mesure combien cette pratique de la photographie urbaine me fait du bien. Elle me rappelle pourquoi je fais de la photo. Pas pour montrer ce que je sais faire, ni pour épater. Mais pour vivre plus intensément.
Chaque sortie comme celle-ci me le rappelle : marcher, regarder, capturer. C’est ça, ma photographie.









Quand j’habitais Vitry, c’est une promenade que j’accomplissais souvent! Merci pour ces vues « sur le vif » qui me rappellent beaucoup de souvenirs.
Bonjour,
Je me reconnais dans vos photos. J’étais à Bordeaux début octobre 2025 et quelques semaines plus tard, en regardant ma sélection de photos, votre commentaire « marcher, regarder, capturer » résonne d’une manière claire, distincte et vraie.
Merci beaucoup
Cordialement
Denis
Curieux de voir les tiennes, c’est ma philosophie en ville, ne pas trop réfléchir sur le coup puis trier avec soin