La liseuse électronique nous prive-t-elle de la relation avec les auteurs ?

L’ère numérique a tellement bouleversé nos habitudes ! Alors que je lisais un policier sur ma liseuse électronique récemment, je me posais la question de l’impact de ces liseuses sur notre relation avec les auteurs.

La liseuse électronique et la relation avec les auteurs, des livres anciens sur une étagère
Photo (C) JC Dichant

Rappelez-vous la dernière fois que vous avez pris un livre en main, senti l’odeur du papier, observé les détails de la couverture, le nom de l’auteur imprimé en grandes lettres. Lorsque j’attrape ma liseuse, ces ressentis sont si différents. C’est froid, gris et uniforme. Le toucher ne me laisse aucun souvenir impérissable. La couverture n’est pas mise en avant. Le livre papier a un vécu que la liseuse électronique n’a pas.

Les rares fois où j’utilise mon Kindle, je perds le contact physique avec le livre. Je n’ai plus de couverture à contempler avant de me plonger dans la lecture, plus de papier à toucher, je n’entends plus le bruit des pages que je tourne, je ne vois qu’un écran et des mots qui défilent.

Cette dématérialisation modifie pour moi la relation avec l’œuvre. J’en viens même à me demander si, en perdant ce contact physique, je ne perds pas aussi une partie de la connexion émotionnelle avec l’auteur. Il m’est déjà arrivé d’interrompre ma lecture pour me dire «  Mais au fait, c’est qui l’auteur ? C’est quoi le titre ? »

Est-il possible qu’en simplifiant l’accès à une multitude de titres, les fabricants de liseuses cherchent à nous inciter à consommer plus qu’à apprécier nos lectures ? À acheter le prochain livre avant même d’avoir digéré le dernier chapitre du précédent ?

Il est tentant de penser que ces plateformes de distribution, souvent les mêmes que celles qui fabriquent les liseuses, pourraient privilégier le volume de ventes au détriment d’une relation plus profonde et réfléchie avec les œuvres et ceux qui les écrivent.

Bien que je n’utilise que rarement ma liseuse électronique, je ne peux nier que ces appareils ont aussi démocratisé l’accès à la lecture, permettant de transporter des bibliothèques entières dans notre poche lorsque nous voyageons. Elles offrent des fonctionnalités enrichies, comme un dictionnaire intégré, une traduction instantanée, la prise de notes aisée. La possibilité de changer la taille des caractères rend la lecture accessible aux personnes ayant des problèmes de vue. Ma liseuse électronique me sert à consulter des livres techniques, de non fiction, des guides et roadbooks lorsque je voyage à moto par exemple.

Mais je reste trop attaché au papier pour passer au 100% numérique. Je ne pourrais me passer du livre physique. Au final je ne sais pas quoi penser. Nous devrions peut-être chercher un équilibre entre la commodité des technologies numériques et la préservation des relations traditionnelles et tangibles avec les livres et ceux qui les écrivent.

Peut-être est-il aussi temps de réfléchir à la manière dont nous voulons que notre bibliothèque du futur se présente, et quel rôle nous souhaitons que les auteurs y jouent.

20 réflexions au sujet de “La liseuse électronique nous prive-t-elle de la relation avec les auteurs ?”

  1. Bonjour Jean-Christophe
    Je n’ai pas de liseuse et je ne pense pas m’en procurer d’ici peu. Certes, je conçois que pour les voyages cela doit être intéressant de n’avoir pas à transporter le poids de quelques livres, mais en ce qui me concerne en voyages je n’ai pas le temps de lire. Je bouge, en général, tous les jours et lorsque je rentre le soir je vais dîner, décharge mes photos, fais le compte-rendu et il est l’heure d’aller au lit car je suis tout de même fatiguée (entre 12000 et 15000 km par voyage sur deux mois) et le lendemain lever de bonne heure pour la suite du voyage. La seule chose que j’emporte ce sont les guides avec lesquels j’ai préparé mon voyage et un polar au cas où. 9 fois sur 10 je n’ai même pas eu le temps de lire le polar emmené.
    Pour le reste du temps, ce ne sont que des livres papier. J’ai déjà les ordinateurs et le phone qui ont des écrans froids et impersonnels sur lesquels je lie les articles, les reportages et autres documentaires journaliers. Alors pour le plaisir, ce sont les livres papier. Par contre, je crois que je suis « amoureuse » du livre en lui-même. Je ne plie jamais une page, j’y mets un marque-page, je n’aime pas qu’une couverture soit abimée, je ne gribouille jamais sur un livre. Bref, lorsque j’ai terminé de le lire, il est toujours comme neuf. Jeune, je dévorais les livres policiers et j’en avais une centaine rangés dans des cartons (déménagement oblige), mais il m’a fallu presque 50 ans pour m’en débarrasser, et avec du mal encore ! Bref, en termes clairs, j’aime les livres…

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    • Je comprends trop bien, il m’arrive trop souvent de faire pareil avec tous les écrits que je produis dans une journée y compris en voyage. D’où mon besoin de réutiliser ces écrits d’ailleurs, pour devoir en faire moins.
      Je partage ta pratique avec les livres aussi, je n’ai jamais su les maltraiter non plus.

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  2. Bonjour Jean-Christophe,
    Pour ma part, je ne connais que très superficiellement (via Wikipédia ou la 4ème de couverture), les auteurs de mes romans préférés qu’ils soient papier ou ebook.
    Le reste de mes commentaires ne concerne que l’usage de la liseuse.
    J’ai acheté ma première liseuse, il y a une dizaine d’années, essentiellement pour le rétroéclairage. Depuis, je ne perturbe plus l’endormissement de mon épouse lors de mes lectures du soir.
    J’achète toujours des livres papier (art, technique, voyage), mais en revanche, je n’achète plus que des romans ou nouvelles en format « epub ». Sans être un grand lecteur, je lis entre 4 et 6 livres par mois. Avoir, dans sa liseuse de 250 grammes, plusieurs livres d’avance est un vrai confort en voyage (je suis un retraité de plus de 70 ans, donc souvent par monts et par vaux). Le seul point « négatif » des ebooks est le DRM qui ne permet pas toujours d’échanger des livres avec ses proches. Pour m’aider dans mes choix, je consulte souvent le site babelio.com.
    Bonne journée à toi.

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    • Tu mets le doigt sur un vrai sujet. J’achète énormément de livres d’occasion, pas chers du tout, et je ne me vois pas les acheter tous au tarif du neuf sur Kindle. La question des DRM et partages, donc de l’occasion potentielle, n’est jamais abordée avec les liseuses.

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  3. Une liseuse électronique ne remplacera jamais un « bon livre » broché et relié. Lorsque je lis un livre, j’en apprécie la couverture, les images, la texture des pages Sur une liseuse, nous ne retrouvons pas tout cela. Lire « la trilogie de Marcel Pagnol » sur une liseuse, alors non.

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  4. je partage complètement l’avis de Karima, je lis autant sur la liseuse qu’en version papier et lorsqu’un livre m’a particulièrement touchée je l’achète en version papier. La fonction extrait est vraiment utile car ça permet de vérifier si l’on est en résonance avec le livre ou pas.
    Pour les guides de voyage c’est plus pratique sur un ipad que sur une liseuse traditionnelle, mais je reste quand même plus attachée aux guides format papier qui peuvent plus facilement se partager.
    Je fais une distinction entre la liseuse type kindle ( qui est plus proche d’un format livre de poche et qui n’a pas de lumière bleue..) et la liseuse intégrée sur un Ipad, je ne vais pas charger les mêmes livres sur l’une ou l’autre.
    Pour la relation avec l’auteur, si j’ai envie d’en savoir plus, je le fais indifféremment que ce soit sur la liseuse ou en format papier.
    Pour ma part tous les ouvrages techniques je préfère les avoir en format papier

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  5. Je suis une dévoreuse de livres, de textes même devrais-je dire, sous tous les formats possibles et imaginables.
    En effet, la liseuse a quelque chose de froid et pourtant il m’arrive parfois de la considérer avec une sorte de tendresse, pour sa fidélité, sa fiabilité et le fait que je peux l’avoir avec moi, partout. J’ai trop souffert enfant, puis jeune, de devoir me restreindre en quantités de livres (et de disques aussi) à emporter dans la voiture familiale ou dans les voyages au long cours, avec bagages à trimbaler.
    Je suis aussi un peu submergée par les livres ce qui explique mon goût pour ce tout petit objet, peu encombrant, où je retrouve tout de suite le livre que je cherche. Mon métier fait que je reçois en moyenne 20 livres par semaine, ce qui même en dehors de l’attention à leur prêter, est un énorme boulot. Trier, décider de leur sort, etc. car je ne peux garder près de 700 nouveaux livres par an.
    La liseuse m’est très précieuse pour travailler. Je surligne les passages qui m’intéressent, il m’est ensuite très facile de les récupérer, déjà « saisis » dans l’appli Kindle et de les transposer dans les documents divers qui enregistrent ces citations.
    En fait en bonne boulimique de lecture, je « mange » à tous les râteliers. Mais j’adore aussi les « vrais » livres, je suis très fière de mes bibliothèques… et j’ai souvent des frissons en ouvrant les envois du jour !

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    • Chère Florence, je comprends trop bien, la maison déborde ici aussi. Je réagis peut-être aussi à l’excès de numérique dans ma vie qui fait que prendre en main un livre papier me fait déconnecter. J’imagine.

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  6. Bonjour Jean Christophe,

    Je suis un adepte du Kindle, mais uniquement pour les livres dont la version papier n’apporte aucune valeur ajoutée.

    Dans mon cas, ça sera la majorité (80%) de ce que je lis (thriller et histoire / géopolitique). Concernant les 20% restant, il s’agit principalement de livres sur la photo. Là, je vois mal comment passer à du numérique. J’ai besoin de voir le rendu sur une page, et non pas sur une liseuse.

    Rapport avec l’auteur? Je m’intéresse pas mal aux auteurs que je lis. Leur biographie, ce qu’ils ont publié avant, etc… Mais je ne vais pas jusqu’à échanger avec eux. Quoiqu’il en soit, le livre ne m’apporte rien de plus.

    On peut finalement envisager le sujet comme on envisage tout passage vers l’ère digitale (agenda papier vs Evernote ou Obsidian), voir bientôt vers l’ère de l’IA. Ça apporte beaucoup d’avantages. Mais également quelques regrets pour les plus nostalgiques d’entre nous!

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  7. Bonjour Jean-Christophe,
    J’adore ma liseuse bien que je ne lise que très peu maintenant… Je lisais beaucoup plus avant, à Venise car obligé de prendre les transports en commun pour se déplacer (vaporetti, ferry)… Les livres m’encombrent aussi bien en déplacement, en voyage que chez moi… La seule bibliothèque à casa mia est celle où je range mes santiags (une quarantaine de paires) lol…
    Quand je l’ai lu, le livre, soit je le donne, soit je le prête, soit je m’en sépare, je ne le garde pas, sauf des livres techniques auxquels je dois me référer parfois…. en réalité, je n’ai aucun rapport émotionnel avec le livre… Alors quelle aubaine lorsque les liseuses sont apparues… Sur un si petit format où l’on choisit la grosseur et la police des lettres, où l’on peut lire de jour comme de nuit, tous mes polars préférés, tous mes poètes préférés, et je passe d’un Michael Connely, d’un Dona Leon, à un Verlaine ou un Victor Hugo, chose impossible avec des bouquins aux poids et aux formats différents…
    Par exemple quand je prends ma liseuse pour m’occuper dans une salle d’attente, je n’ai pas à anticiper le livre que je dois lire, je choisir dans l’énorme bibliothèque qu’elle contient, c’est très confortable…
    La liseuse, une véritable aubaine pour moi…

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  8. Bonjour, je n’ai pas de liseuse, pourtant mon épouse me décrit toujours comme quelqu’un de très hight-tec et je partage cet avis, mais vraiment pour les livres je suis resté papier et sûrement pour longtemps, j’aime aller à la presse de ma ville, j’aime parcourir les rayons, lire quelques résumés, voir demander un suggestion au libraire, prendre le temps en parcourant les rayons, et se laisser surprendre par un livre que je venais pas forcément acheté.

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  9. Pour ma part je suis très attaché au livre. Mais comme je lis beaucoup quand je pars en voyage, je n’utilise que la liseuse qui me permet d’emporter plusieurs ouvrages avec un rapport poids encombrement minimum ( comme cela ça laisse plus de place pour le matériel photo !). Par contre quand je suis chez moi, c’est livre papier exclusivement !

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  10. J’utilise sans différence ma liseuse et mes livres. Les livres que j’ai adoré lire sur la liseuse, je les achète ensuite en version papier pour les garder dans ma bibliothèque et avoir le plaisir d’y replonger peut-être dans les années à venir, ou les prêter, ou permettre à mon entourage de les lire, eux qui n’aiment pas la liseuse. Moi j’apprécie, avec cet objet, de pouvoir lire avec une lumière très faible sur mon écran pour m’endormir le soir, sans effort pour mes yeux, j’ai 54 ans. J’apprécie de pouvoir choisir, recevoir un extrait et acheter un livre de chez moi. Je vais encore dans les librairies attention, mais c’est un réel confort de choisir son livre de chez soi. Je reçois un extrait, je l’aime, j’achète le livre, je ne l’aime pas, je passe au suivant. Il m’arrive aussi de lire un tome 1 sur ma liseuse et d’acheter la collection en papier pour la continuer. En fait, les livres à garder pour moi sont en papier, la liseuse est un outil pour y accéder, et cela me convient parfaitement. Pour moi, le livre et la liseuse se complètent. Il n’y a pas de guerre, comme le vinyle et le cd même si je préfère le premier, ou le cinéma et la télévision, même si je préfère encore le premier.
    Et le rapport avec l’auteur ? Je n’ai jamais eu aucun rapport avec quelqu’auteur que ce soit, même en lisant son livre papier. Avec la liseuse, il est possible d’envoyer des corrections, pour des erreurs nombreuses en revanche, insupportables le plus souvent, contrairement au livre. C’est un des atouts du livre papier d’être peut-être relu plus que la version électronique. Et pour moi c’est un avantage inestimable.

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    • C’est intéressant, j’avoue ne pas avoir envisagé la découverte des livres sous cet angle, en recevant un extrait puis en achetant le format papier ensuite. A tester.

      Quant aux auteurs, il est vrai que je m’y intéresse souvent autant qu’aux livres, peut-être parce que j’écris beaucoup aussi. Il m’arrive de les contacter pour échanger, de chercher à en savoir plus sur leur parcours, c’est une autre facette de la lecture qui m’attire beaucoup.

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