Pourquoi l’analogique revient (et pourquoi je ne quitte pas le numérique et l’IA)

Depuis le printemps 2026, j’entends parler d’analogique chaque jour par mes lecteurs et mes contacts personnels.

Un carnet papier. Des textes manuscrits. Des cassettes audio. Des découpages collés. Dernier exemple en date, le contenu d’un carnet de culture découvert récemment sur le compte d’un abonné à la plateforme Substack. Utiliser une plateforme numérique pour parler d’analogique, étonnant, non ?

Pourquoi ce retour de l’analogique et pourquoi maintenant ?

Par analogique, j’entends tout ce qui ne suppose pas un fichier ou une mémoire numérique. Un journal papier, un disque vinyle, un tirage photo, un livre imprimé, un tirage argentique… c’est de l’analogique.

Quand tout tenait dans un smartphone

Notre vie numérique semblait si simple. Un accès internet, un ordinateur ou un smartphone et hop, à nous la puissance du web et de la dématérialisation.

Pour un consommateur, avoir un smartphone dans la poche, c’est disposer de sa bibliothèque de livres, de sa musique, de ses séries TV, de ses notes et photos, de son journal personnel.

Pour un créateur, le smartphone donne la liberté d’écrire un article ou une newsletter, de créer une vidéo, de faire et traiter ses photos, de gérer tous ses documents, ses messages clients et sa communauté.

Tout a pourtant changé avec l’arrivée des IA génératives en 2022 puis des IA agentiques au printemps 2026.

Le jour où j’ai perdu la main

L’IA ne semblait qu’une nouvelle technologie qui allait s’ajouter à notre stack numérique personnelle. La mise à disposition auprès du grand public de ChatGPT fut le premier tournant.

Cette IA générative, je l’ai adoptée bien vite. J’évolue dans un monde numérique depuis des décennies, alors un peu plus ou un peu moins, cela ne devait pas changer grand-chose. « Il faut savoir vivre avec son temps. »

J’ai apprécié l’IA lorsqu’elle m’a montré qu’elle me faisait gagner en efficacité, qu’elle pouvait faire plus et mieux que mon assistant humain pour un coût dérisoire. J’ai encensé l’IA, je l’admets.

Jusqu’au jour où j’ai pris conscience que j’ouvrais plus souvent Claude que mon éditeur de notes ou un livre de référence. J’avais perdu la main.

Ce que l’IA m’a coûté

L’IA a changé la donne : le numérique que je connaissais s’est vite effacé face au numérique piloté par l’IA. En quelques mois, plus aucun service ou logiciel ne pouvait s’en passer. La hype autour de l’IA était telle que ne pas l’implémenter dans une application ou un service en ligne, c’était prendre le risque de disparaître. Rares sont les éditeurs de logiciels et services propriétaires qui l’ont ignorée.

L’IA m’a très vite montré son coût : augmentation substantielle des abonnements logiciels, allongement du temps nécessaire à finaliser un article pour qu’il soit toujours plus parfait, mises à jour incessantes des logiciels et apps, perte de contrôle sur les données… le bilan était loin d’être favorable.

À l’inverse, l’assistant humain avec qui j’ai rompu l’accord de sous-traitance a perdu un client. Les logiciels que Claude remplace désormais au quotidien m’ont perdu comme client.

J’ai participé à la transformation annoncée du monde de l'emploi. Et l’humain dans tout ça, comment réagit-il ?

Ce que je vois revenir

La montée en puissance de l’analogique n’a jamais été aussi évidente. Pour ceux qui se sentent concernés, il ne s’agit pas d’un simple rejet de l’IA mais d’un nécessaire retour aux sources. Ce que nous pouvions faire avec notre cerveau et nos mains peut toujours l’être. Pour prendre du recul avec ce numérique aussi envahissant, l’approche manuelle reste efficace. Sentir, toucher, regarder, écouter, des sensations oubliées qui reviennent en force.

L’humain a aussi compris que ce qu’il fait avec ses mains, aucune IA ne le fait à sa place. L’activité manuelle reste le propre de l’homme. Écrire avec un stylo, c’est ce qui rend le papier désirable, et c’est en prenant du recul avec le numérique que je l’ai compris. Analogique et numérique sont nécessaires.

Pourquoi je ne quitte pas le numérique et l’IA

Le numérique ne va pas disparaître. Il est là pour rester, l’IA aussi. Le numérique répond à des besoins que l’analogique ne sait pas couvrir. Échanges, santé, connaissance, emploi, nombreux sont les domaines pour lesquels penser que le numérique et l’IA ne sont essentiels est une erreur.

Il ne s’agit pas d’un rejet définitif du numérique et de l’IA, je les utilise toujours au quotidien, mais plutôt d’un passage à une forme nouvelle d’hybridation numérico-analogique.

4 façons de mélanger numérique et analogique

Le tout analogique n’est pas pour demain. Je vois plutôt arriver une période où l’utilisation conjointe d’outils numériques et d’outils analogiques sera bien plus naturelle qu’elle ne l’est encore aujourd’hui.

Lire ses messages électroniques en écoutant les Rolling Stones sur vinyle.

Faire le bilan d’une journée de travail avec l’IA en écrivant dans un Moleskine.

Gérer et traiter des photos argentiques numérisées dans Lightroom.

Traîner un livre papier sur la plage et lire sur une liseuse la nuit.

L’humain ne manque pas d’imagination.

Alors, on choisit quoi ?

Je n’oppose pas l’un à l’autre. Ces deux approches sont complémentaires et nous avons la chance de pouvoir choisir entre une vie numérique, une vie analogique ou une vie hybride. Hybride, c’est « faire comme il vous plaira, entre une option et une autre, avec les moyens du moment ».

Désormais, je couche mes idées dans mon carnet. Je note ce que j’apprends sur l’art dans un carnet de culture, ce que j’apprends sur la photographie dans un carnet de photographie. Obsidian me sert à regrouper des idées pour écrire mes articles.

C’est un abonné Substack qui m’a donné envie de reprendre mon carnet. Je garde l’analogique parce que la main ne se délègue pas, et le numérique pour le reste.

Et vous, qu’allez-vous reprendre en main maintenant ?

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